‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 124 sur 200 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

h peau le sang et la vie , et Ton ne peut douter qu'elle n'eût pu exprimer les \eines sur les figures du fronton. Mais, dans les idées antiques, les dieux et les héros divinisés n'avaient rien de là grossièreté des organes humains : l'immortalité les animait d'un souffle subtil et éthéré.

Derrière le char étaient deux des filles de Cécrops, Pandrose et Hersé : la dernière assise, l'autre retenant par la main le petit Érechthée effrayé, qui la tirait violemment loin des chevaux et du tumulte.

Aglaure, la troisième sœur, était agenouillée auprès de son père Cécrops , un bras passé autour de son cou. Il y a dans sa pose de l'abandon et comme de l'affaissement. Sa tunique défaite laisse à découvert l'épaule et le sein gauche, à peu près comme dans les statues d'Amazones blessées. On dirait que l'artiste avait voulu rappeler la mort héroïque * à laquelle Aglaure s'était condamnée pour obéir à l'oracle et assurer la victoire aux Atliéniens. Cécrops est assb, les jambes ramenées sous lui et couvertes d'une draperie. Appuyé fortement sur le bras gauche roidi, il soutient sa fille chancelante. C'est assurément le plus beau morceau et le plus complet qui soit resté à

' Cétail UDc des traditions les plus populaires. Les jeunes Athéniens, lorsquMIs s'armaient pour la première fois, allaient jurer dans le sanctuaire d' Aglaure de mourir, comme elle, pour leur patrie. (Plut., f^ie fPAicibiade, Ulp., in Don, de Fais. Légat.) La tradition confondait les deux Aglaure, la fille de Cécrops et la fille de Léos.

Athènes, bien qu'il soit assez endommagé pour ne pouvoir être comparé aux figures de l'autre fronton. Le dos nerveux de Cécrops et le bras qu'Aglaure passe autour de son cou sont cependant remarquables par leur conservation. 11 faut, pour les voir, monter par l'escalier du minaret, s'avancer sur la saillie brisée du fronton et la traverser dans toute sa longueur.

Il y a ensuite une lacune dans le dessin de Carrey où l'on supposera, si l'on veut, la nymphe Callirrhoéj soeur de l'Ilissus, puisque l'IIissus luimême était étendu sous l'angle resserré du fronton. VAlphée occupait la même place au temple d'Olympie.

Si justement célèbre que soit la figure nue de l'Ilissus ^ on a eu tort, je crois, de l'égalera l'Hercule. Mais s'il a moins de grandiose, la vie s'y montre avec tant de vivacité et de charme, qu'il séduit au premier regard. A demi couché, il semble se lever par un élan subit pour regarder le triomphe de Minerve. Le bras et la main gauches supportent tout le haut du corps qui se redresse , tandis que le bas repose encore sur le côté. Ce mouvement , qui donne au torse une flexion hardie et un jeu compliqué , est rendu avec une vérité qui va jusqu'à l'illusion.

' A Londres. Le Céphise a plus de droit à être considéré comme le fleuve de PAttique. U traverse toute la plaine et la fertilise, tandis que l'ilbsus n^a qu'un cours pauvre et inutile. Sophocle a chanté les bienfaits et les charmes du Céphise. {OEdipe à Colone, chœur 3.)

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