‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 128 sur 200 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

main ou de son invention. Mais je laisse à d'autres le courage d'un système qui ne serait peut-être qu'un paradoxe. Pour avoir longtemps partagé les préjugés ordinaires , je ne saurais m'en défaire complètement. I^ nom de Phidias, que nous apprenons à prononcer dès notre enfance, grandit peu à peu dans notre imagination et brille comme une des lumières les plus pures de l'art et du génie antiques. Rien ne pourra nous empêcher de saluer comme son inspiration ou son œuvre les plus admirables morceaux du Parthénon, ceux qui atteignent la dernière limite de l'idéal.

La frise, si l'on veut, ne reproduira que l'idée ou le dessin de Phidias. Les métopes, nous le verrons tout à l'heure, paraissent assez étrangères à son influence pour qu'on y reconnaisse, çà et là, le style encore roide et sans grâce de la vieille École attique. Mais certaines statues des frontons sont l'expression d'un talent si élevé et d'une telle perfection, que, malgré le silence de l'histoire, ce sera toujours pour nous du Phidias.

Peut-être, du reste, Thistoire n'est-elle pas complètement muette. Tzetzès raconte « qu'Alcamène, ce le rival plutôt que l'élève de Phidias, n'avait pas ce étudié comme lui la perspective et la géométrie, ce Tous deux furent chargés un jour de faire deux c< statues de Minerve qui devaient être placées au- « dessus de colonnades très-élevées» Âlcamène don- <K na à la déesse des formes délicates et féminines.

« Plûdias, au contraire, la représenta les lèvres ouc( vertes, les narines relevées, calculant l'effet pour « la hauteur qu'elle devait occuper. Le jour de l'ex- « position publique , Alcamène plut et Phidias faillit a être lapidé. Lorsqu'au contraire les deux statues « furent en place, l'éloge de Phidias était dans toute tes les bouches ; Alcamène , au contraire , et son « ouvrage ne furent plus qu'un sujet de risée. »

On reconnaît facilement l'exagération d'un bel esprit byzantin, et il est excusable, après seize siècles, de défigurer les faits pour leur donner du piquant. En langage plus simple, on dirait que, vue de près, la Minerve d' Alcamène fut préférée par le public; à la distance voulue, ce fut celle de Phidias. Je ne crois pas non plus qu'on puisse hésiter sur la manière dont se doivent comprendre ces statues placées sur de liautes colonnes. En Grèce, lesimages des dieux n'étaient point élevées, comme celles des empereurs à Rome, sur une colonne triomphale. L'expression de Tzetzès est même juste, si l'on regarde l'entablement comme ime partie de la colonnade, comme son couronnement. Elle donne une idée plus exacte de la position élevée des statues que s'il eût parlé des frontons, qui n'éveillaient point nécessairement, à une époque d'ignorance, la conception d'une grande hauteur. Ces deux Minerve semblent n'avoir pu être placées qu'au milieu de chacun des frontons du Parthéuon.

Alcamène, tout en s'efforçant de suivre la voie ou-

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