‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 145 sur 200 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

du Partliénon, puisqu'on la vu déjà figuré sur les métopes.

A droite et à gauche de ces deux groupes , qui représentent ridée de Minerve, douze dieux sont assis, spectateurs invisibles , comme dans les poèmes épiques, des actions des mortels. Les personnages qui se trouvent auprès d'eux leur tournent complètement le dos, tant leur présence est cachée. Demander pourquoi la fantaisie de l'artiste a ajouté cette composition, c'est demander pourquoi Homère nous décrit les dieux sur l'Olympe ou le Gargare , pendant que les Troyens et les Grecs combattent dans la plaine. L'art n'a-t-il pas besoin , conmie la poésie, d*agrandir son sujet , de parler à l'imagination , de chercher la vérité et le charme dans un monde surnaturel? Aussi me garderai-je bien de rechercher exactement ce que font ces divinités. Elles regardent et se montrent la fête ; elles s'entretiennent ensemble dans des poses, ici pleines de majesté, là pleines d'abandon. Assises , elles sont aussi grandes que les mortels debout. Leurs proportions pfêtent-elles encore mieux à une belle et élégante sculpture? Placés au-dessus de l'entrée du temple , donnent-elles à cette partie de la frise plus de noblesse , plus de calme et plus de grandiose? Il n'en faut pas davantage : c'est là ce que voulait l'artiste.

Quant au nom qu'il convient de donner à ces différents dieux , on se trouve fort embarrassé. Les costumes sont très-simples, lés attributs ont presque

tous disparu , et chacun peut les interpréter au gré du système général qu'il adopte. Trois systèmes ontété proposés , qui tous les trois peuvent se soutenir, mais à un degré inégal. L'un, sans trop d'effort, nomme les principaux dieux de l'Olympe ; le second, les divinités inférieures, et les personnages héroïques pour lesquels Athènes avait un culte particulier; le troisième (c'est celui d'Ottfried Mùller) fait figurer sur la frise les dieux et les demi-dieux qui avaient leurs autels, soit dans l'Acropole, soit tout auprès, et qui , voisins de Minerve , assistaient naturellement du fond de leurs temples à tous ses mystères comme à toutes ses pompes. C'est une idée très-ingénieuse et qui ne manque ni de simplicité ni de logique. En l'adoptant cependant, on hésitera encore sur le choix des noms. Car les temples qui entouraient l'Acropole étaient fort nombreux, et nous ne les connaissons pas tous. Peut-être Ottfried Mùller n'a-t-il pas tenu assez de compte du rapport qu'il faut établir entre la topographie et la manière dont les dieux sont groupés.

Ainsi , à droite du prêtre et de la prêtresse qui oc- * cupent le milieu de la façade , je reconnais bien Hygiée et Esculape , dont le temple était presque à l'entrée de la citadelle. Esculape , appuyé sur son bâton, se retourne pour parler à Hygiée, au bras de laquelle s'enroule un serpent , si petit , qu'on dirait un bracelet. Mais ensuite, la réunion de Neptune, d'Érechthée, de Pitho, de Vénus, ne se peut guère justifier.

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