‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 146 sur 200 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Vénus, du reste, a le voile d'une prêtresse, et l'enfant qui s'appuie sur ses genoux n'a pas d'ailes, ainsi qu'en devrait avoir l'Amour. Il est naturel de donner une place aux divinités qui habitaient dans le temple »de Minerve Poliade ; comme ces cinq figures sont les plus proches de ce temple et le regardent, je proposerais d'y voir Neptune , Vulcain , jeune et beau , tel que le comprenait l'art à cette époque, Vulcain, dont l'autel était placé devant l'Érechthéion, à côté de celui de Neptune.

Devant lui est Aglaure, dont le sanctuaire était au-dessous de l'Érechthéion, dans une grotte qui ava^t une conununication souterraine avec le plateau de l'Acropole. La chevelure est serrée étroitement par une de ces coiffes élégantes que l'on remarque sur les monnaies syracusaines d'un petit module : signe caractéristique des nymphes ou des simples mortelles, et non des déesses. Sa main est passée, par un mouvement plein d'intimité , sous le bras de sa sœur Pandrose, qui est assise devant elle. Pandrose a le même costume et le même voile qui la distinguent sur le fronton occidental du Parthénon. La religion, autant que la sculpture, avait besoin de ces types arrêtés qui s'imprimaient par leur constance dans l'imagination du peuple et répandaient la lumière sur le monde polythéiste. Le voile était, à ce qu'il paraît , un des attributs de Pandrose et le symbole de son sacerdoce. L'enfant qui se tient debout, accoudé siir ses genoux , serait Érechthée , de même que sur

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le fronton occidental. Elle lui montre, de sa main étendue, la tête de la processsion, qui parait à langle de la frise.

Pour les divinités qui sont de l'autre côté et regardent le sud, je crois les explications d'Ottfried Mùl- 1er très-justes , à une exception près, que je signalerai tout à l'heure. Le dieu à la longue barbe, qui tient un sceptre, rappelle Jupiter; Jupiter, qui avait deux autels dans l'Acropole, l'un sous le nom de Protecteur de la Citadelle , l'autre sous le nom de Très- Haut .11 est assis, non pas sur un simple siège, comme le sont les autres dieux , mais sur un trône , dont les bras sont soutenus par des sphinx. Phidias reproduisit ce même motif sur le trône d'Olympie. Junon, avec sa large poitrine et ses beaux bras qui étendent derrière elle un vaste voile , se tourne vers Jupiter et semble lui parler. Auprès d'elle se tient une jeune déesse , Iris, qui saisit au-dessus de sa tête sa draperie toujours agitée.

Devant Junon est le Mars au repos , tel que le représente la statue de la villa Ludovisi : une jambe étendue, l'autre repliée, et les deux mains croisées sur le genou, pose pleine à la fois d'abandon et de force. Ottfried MùUer l'a pris pour Vulcain , parce qu'il ne savait comment justifier sa présence. Il n'a pas songé à la colline de Mars, à l'Aréopage, que cent pas à peine séparent de l'Acropole.

Ensuite l'on voit une femme qui tient, non ()as une rame ou une massue à deux bouts , comme le ferait

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