CHAPITRE XVII
croire le grossier dessin de Carrey, mais une torche dont les côtes reliées en faisceau sont parfaitement reconnaissables. C'est, je crois, l'attribut distinctif de Cérès. L'Éleusinium était au pied même de la citadelle, du côté de l'orient, et l'on sait que c'était une des stations de la pompe sacrée.
Enfin , deux jeunes dieux semblables, et de forme et d'ajustement , s'appuient fraternellement l'un sur l'autre. Ce mouvement seul fait penser à Castor et à PoUux : car il n'y a point d'autre indication. Du reste, leur temple était également au pied de l'Acropole, au-dessous de l'Àgraulium. Polygnote et Micon l'avaient décoré de peintures.
La même symétrie qui avait disposé les deux groupes de divinités , à droite et à gauche de l'axe du temple, continue à placer les différentes classes de personnages , de manière à ce qu'elles se correspondent et se fassent pendant. On peut se figurer une procession sur deux rangs qu'on aurait dédoublés, pour appliquer chaque rang sur un des longs côtés du temple et sur un des angles de la façade. Ils s'avancent par un mouvement parallèle ; c'est le même ordre, ce sont les mêmes motifs, les mêmes détails, mais traités avec une richesse et une variété remarquables, quoiqu'elles se démentent quelquefois. Dans une simple description, on doit donc éviter ces répétitions, en réunissant deux moitiés ainsi divisées. Ce qui se dit d'un descôtésdu temple s'applique également à l'autre.
Auprès des dieux on voit s'entretenir gravement
un certain nombre de vieillards et d'hommes moins âges. Tous ont leurs manteaux et la plupart s'appuient sur un bâton. Debout, ils sont à peine aussi grands que les dieux assis. C'est ainsi qu'Homère distingue les mortels et les habitants de l'Olympe. Ce sont des personnages considérables. Mais comment savoir si ce sont les archontes, ou les gardiens des lois, ou les rois des tribus, ou les prêtres de la famille des Étéobutades et des Céryces? Deux d'entre eux, dont l'un tient un rouleau à la main, semblent donner des instructions aux jeunes filles qui se présentent les premières. Ceux-là, on les reconnaîtrait volontiers pour les gardiens des lois et des rites sacrés.
Les jeunes vierges portent des patères et des vases qui devaient servir aux sacrifices. L'une tient un énorme chandelier ; une autre, une corbeille, et c'est la seule qui rappelle les Canéphores. Il faut dire qu'un certain nombre d'objets étaient enmétal et n'ont laissé aucune trace. Les filles des étrangers domiciliés en Attique, des Métœques, figurent dans la procession, et, comme l'ordonnait une loi humiliante, elles portent, ici les aiguières, là les sièges et les ombrelles qui servaient aux Canéphores, choisies parmi les plus nobles familles. Au moment où la procession arrive sur la façade, des hérauts ou ordonnateurs de la fête sont placés aux deux angles du pronaos. Tournés vers les longs côtés, ils appellent par leurs gestes la suite du cortège, comme si elle tardait à paraître. C'était un lien ingénieux entre les différentes parties de la frise.