‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 148 sur 200 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Ensuite s'avancent les bœufs destinés au sacrifice. (]liacune des colonies athéniennes en envoyait un le jour des Panathénées. Les uns s'avancent d'un pas tranquille, au milieu des jeunes gens et des sacrificateurs qui les conduisent ; les autres résistent et cherchent à s'échapper: source de mouvement et de variété, sans que cependant l'ordre de la cérémonie en soit troublé. Des enfants conduisent un bélier.

Derrière les victimes, les Métœques portent des bassins assez semblables à des auges et à des outres pleines d'huile , prix des vainqueurs aux jeux Panathénaïques. Puis s'avancent les musiciens jouant de la flûte ou de la lyre, accompagnement ordinaire des sacrifices. Mais une raison particulière explique la présence des musiciens sur la frise. Périclès venait d'instituer pour la première fois des prix de musique, à l'occasion des Panathénées , et il avait réglé luimême comment aurait lieu le concours de flûte, de chant et de lyre. Enfin, la troupe des vieillards, qui ferme la marche, porte à la main des branches d'olivier. On les appelait pour ce motif Tliallophores. Ce qui montre combien le culte du beau était poussé loin chez les Grecs, même en dehors de l'art, c'est qu'on ne choisissait que des vieillards remarquables par leur beauté.

Alors commençaient à défiler les chars à quatre chevaux et les cavaliers, dont les flots pressés remplissaient un espace considérable. C'est là que l'imagination et le talent du sculpteur avaient pu se déve-

lopper librement, et Ton voit avec quelle complaisance il s'est arrêté à un sujet qui offrait tant de ressources. La pompe sacrée n'était que la moitié de la fête. Une autre moitié, non moins importante, c'étaient les courses, les luttes qui avaient lieu en rhonneur de Minerve , sur les bords de Tllissus. On faisait remonter jusqu'à Érechthée l'institution de ces jeux, qui rappelaient les bienfaits de Minerve. La première, elle avait dompté le cheval ; la première, elle l'avait attelé au joug. Les courses faisaient donc, en quelque sorte, partie de son culte. En les reproduisant, le sculpteur, loin de détruire l'unité de son sujet, l'agrandissait et le rendait complet. Les évolutions de cavalerie étaient, à Athènes, un élément indispensable des grandes solennités. Elles ont, sur la frise, un caractère de réalité tout différent de la fantaisie qui semble avoir présidé à la composition des chars, autant, du moins, que l'état de mutilation de ces derniers morceaux permet d'en juger.

Auprès des quatre chevaux, ou à leur tête, on voit* un homme qui , tantôt les contient , tantôt se retourne vers les deux personnages raibntés sur le char. D'un côté, c'est une femme à la longue tunique qui tient les rênes ; de l'autre, un guerrier avec le casque, le bouclier et le plus souvent la cuirasse. Parfois, il s'élance à terre ou s'élance sur le char ; parfois il y reste debout dans une pose martiale et animée. On a cru reconnaître dans ces mouvements divers une image de la guerre homérique, où les héros sautaient

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