‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 149 sur 200 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

à chaque instant de leur char pour combattre, et l'on a emprunté à une inscription qui a trait aux jeux Panathénaïques le nom A'Àpobates, pour le donner à ces jeunes guerriers.

Mais aucune inscription ne nous apprend quelles étaient les femmes montées auprès d'eux. Ce ne peuvent être des vierges athéniennes. Les mœurs des Ioniens étaient trop hostiles à ce mélange des deux sexes et à l'éducation virile donnée aux filles. Du reste, une vierge Spartiate eût-elle pu elle-même contenir et diriger quatre coursiers fougueux? Ce sont plutôt des êtres allégoriques, et le fronton occidental du Parthénon fait penser naturellement à la Victoire, qui conduit le char d'Érechthée.

La cavalcade est trop célèbre, le dessin et le moulage l'ont trop souvent reproduite , pour que j'aie besoin dé la décrire. Qui n'a vu cette suite à jamais inimitable de beaux et gracieux jeunes gens, légèrerement assis sur leurs coursiers thessaliens , les uns vêtus de la tunique ou de la cuirasse, les autres nus ou laissant flotter au vent la chlamyde derrière leurs épaules? Leurs têtes portent quelquefois le casque, quelquefois ce chapeau à larges bords que les Athéniens avaient emprunté à l'Arcadie. Un grand nombre ont autour des jambes les ornements que Xénophon recommande aux cavaliers et qu'il appelle embates. L'artiste a adopté ce détail pour rompre la monotonie des jambes toujours nues. Car il est à remarquer qu'il a écarté complètement l'équipement

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du cheval. C'est une conséquence du principe qui préside à toute sculpture grecque, trop amoureuse de la forme pour consentir à la voiler et à la défigurer sous les détails.

Je n'ai pas besoin de faire ressortir tout ce qu'il y a de conventionnel dans des bas-reliefs où Ton voit des jeunes gens tout nus assister à une cérémonie sacrée, aux fêtes de la chaste Minerve, et les viciées de noble famille monter pieds nus le rocher de l'Acropole. On ne s'étonnera donc point si les chevaux sont sans selle et s'ils n'ont qu'une simple bride en métal. Les trous où elles s'engageaient se voient encore à la bouche du cheval et à la main du cavalier. La troupe s'avance au galop, par un mouvement plein d'ensemble, mais d'une allure retenue et qui n'a rien d'impétueux. Les chevaux semblent galoper sur place, ou plutôt se cabrer gracieusement. Si l'on veut une description exacte du cheval du Parthénon, qu'on lise le onzième chapitre du Traité d'Équitation. Le type idéal que cherche Xénophon, Phidias l'a constamment copié. La race thessalienne offre encore aujourd'hui une certaine ressemblance avec les basreliefs de la frise.

Il me reste à parler de la frise occidentale, qui est une suite de la frise du nord, mais où la scène change complètement. On dirait les coulisses d'un théâtre, et nous assistons aux préparatifs et à la toilette des acteurs. Quelques jeunes Athéniens, déjà montés, essayent leurs chevaux et vont rejoindre le gros de la

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