CHAPITRE XVII
marche, qui court sur le côté du nord. D'autres se font amener leurs coursiers, contiennent leur fougue, les brident, les caressent. Quelques-uns se parent pour la fête, en causant avec leurs compagnons. Il y a même des détails d'une intimité et d'un naturel qui montrent un art bien sûr de lui-même. Un Athénien passe sa tunique, de la même manière que nous passons nos chemises, et plus loin, un cheval laissé libre chasse d'un mouvement de tête les mouches qui lui piquent la jambe. Il est inutile de dire quelle variété et combien de ressources nouvelles présentent ces tableaux empruntés à la vie ordinaire. Placés sur la façade postérieure du temple, au-dessus de l'entrée de l'opisthodome, dontle caractère est plutôt civil c(ue religieux, ils sont en harmonie avec le lieu qu'ils occupent. Sur la façade orientale, on avait, au contraire, représenté l'auguste assemblée des dieux.
Le Musée britannique ne possède qu'un des morceaux delà frise occidentale. Lesautres sont restés sur le Parthénon. Quoique noircis par la fumée des bivouacs, ils ont gardé, çà et là, ces couleurs dorées qui sont, à Athènes, la fleur des marbres antiques. On peut juger, au moins, de l'intention réelle des sculptures et de l'efîTet qu'elles produisent à leur place. Après la frise du pronaos, la frise de l'opisthodome est, par bonheur, la partie la plus soignée et la plus parfaite d'exécution. On avait calculé que les morceaux situés au-dessus des deux entrées du temple s'oflFraîent plus souvent aux regards.
J'ai déjà parlé des ornements de métal qui s'ajustaient aux sculptures : couronnes, armes, brides, ac* cessoires de toute sorte. Il y en avait d'autres figurés sur le marbre même, ils étaient revêtus de couleurs, comme le fond de la frise, ainsi que certains détails qui conservent encore quelques traces de peinture. Le bas-relief qui se trouve au Musée du Louvre présentait, avant qu'on ne le nettoyât, les mêmes indications. Je ne croîs pas, cependant, que les figures fussent entièrement peintes. A quoi bon sculpter le marbre à grands frais? La peinture, en quelques coups de pinceau, ne pouvait-elle imiter les ombres et les saillies des diflFérents plans. Ce qui me ferait même penser que la frise était peinte avec une grande discrétion , c'est un des usages de la fête des Panathénées. Une loi défendait d'assister, non pas seulement à la procession sacrée, mais aux jeux eux-mêmes, avec des vêtements de couleur.
La frise du Parthénon est plus connue en Europe que les statues des frontons, parce qu'elle a été moulée, réduite et mise à la portée des plus humbles fortunes. L'opinion publique attache particulièrement à cette œuvre le nom de Phidias, peut-être avec raison. Mais, sans qu'il soit besoin de répéter ce que j'ai déjà exposé plusieurs fois, on comprend de quelle manière il faut attribuer à Phidias un. travail aussi immense.
Il y a dans ces sculptures une différence frappante entre la composition et l'exécution. La composition