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CHAPITRE XVIII

agrafée solidement sur l'ëpaule. Mais, tournée vers la déesse, elle étend ses deux beaux bras d'ivoire et lui présente ' la couronne qui là consacre invincible. Ses ailes battent à demi ; les plis de sa tunique d'or s'agitent derrière elle en gracieuses ondulations et laissent à découvert les pieds et le bas des jambes, comme sur le fronton. La main que Minerve tient étendue est assez éloignée du corps pour que la Victoire qu'elle soutient se présente de profil au spectateur : ainsi se combinaient toutes les convenances.

Le bras de Minerve s'appuyait sur le bord du bouclier dressé auprès d'elle. Cette disposition permettait de la soutenir, à l'intérieur, par de puissantes armatures. Le bouclier devait avoir de quinze à dixhuit pieds de haut , pour garder sa proportion avec le colosse. On comprend qu'une pareille surface n'avait pu rester nue. Phidias l'orna de bas-reliefs des deux côtés ; ce qui prouve qu'il était dans une position verticale. Tel on le voit sur une foule de basreliefs trouvés dans l'Acropole.

Sur la face concave , il représenta la guerre des Dieux et des Géants , où Minerve joue un si grand rôle; sur la face.convexe , la guerre des Amazones. C'était une bordure et comme une frise, qui courait

■ Telle on la voit dans la main du Jupiter JSicèphore ( monnaies d'Antîochus IV Épiphane), telle dans la main du Jupiter Olympien dont on a des copies gravées sur pierre. J'en possède une moi-même , où la Victoire est tournée, non pas vers le public, comme un acteur sur la scène , mais vers le Dieu.

318 L'ACROPOLE D'ATHÈNKS.

autour du bouclier. « Phidias, » dit Plutarque, a s ec< tait représenté sous les traits d'un vieillard chauve, ce qui soulève une pierre des deux mains ; il y ajouta cf un portrait admirable de Périclès, combattant <( contre une Amazone. Dans la main qui pousse la (c lance et passe devant le visage, il y a une intention « pleine de finesse : elle veut masquer la ressem- (c blance qui éclate cependant de cliaque côté. » On a vu une copie de cette partie du bouclier sur un vase peint de I4 collection Tischbein. Mais le personnage qui lance une pierre des deux mains ne parait nullement chauve. Il est coifTé d'un chapeau , et sa chevelure abondante tombe en boucles sur ses épaules. Le prétendu Périclès montre complètement son visage, et la main qui tient le javelot n'a rien de commun avec la description de Plutarque. Quelque désir qu'on ait de retrouver les traits d'hommes si célèbres et un dessin de Phidias, on ne peut faire une telle violence à la vérité.

Comme s'il pressentait l'envie qu'exciterait l'immortalité qu'il se décernait à lui-même, Phidias avait placé si habilement son portrait, en si intime rapport avec la statue, qu'on ne pouvait l'enlever, sans que l'ensemble de la masse ne se désunit et ne se déconcertât. M. Quatremère donne une solution trèsvraisemblable de ce problème : « Le bouclier, » dit-il, « était comme le point de réunion des principales c( armatures et, en quelque sorte, la clef de leur as- « semblage. La tête de Phidias pouvait être en même

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