‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 166 sur 200 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

ancien ne parle, était encore inconnu il y a peu d'années. C'est le monument le plus considérable découvert à l'orient du Parthénon, Il faut dire cependant que l'on n'a retrouvé que trois morceaux d'architrave. Mais comme c'était un temple rond, leur courbe donne aisément la circonférence totale , dont le diamètre a près de vingt et un pieds. Les colonnes étaient-elles d'ordre ionique ou corinthien? L'époque seule ferait préférer ce dernier, employé généralement par les architectes du temps. Sur l'architrave sont sculptés des rangs de perles et des rais de cœur d'un travail grossier et déjà barbare. On s'étonne que le siècle d'Auguste, un des beaux siècles de l'art romain, ait produit, à Athènes, des œuvres comme ce temple et l'iiorloge d'Andronicus Cyrrhestes. On dirait que tous les bons artistes avaient été entraînés à Rome par le mouvement universel vers l'empire naissant, et qu'il n'était resté dans la Grèce appauvrie que les talents les plus contestables.

Sur l'architrave est gravée la dédicace du temple, dont sans cela nous ignorerions le nom : tf Le peuple (( à la déesse Rome et à César Auguste. » Les fragments sont séparés, et celui qui porte l'inscription est beaucoup plus près du Parthénon. Il se trouve à côté d'une substruction rectangulaire en pierres, qui ne peut évidemment marquer la place du temple, car elle a trop peu d'étendue et correspond trop exactement à l'entrecolonnement du milieu et à la porte

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du Parthénon, qui ne pouvaient être masqués. Là, je crois, s'élevait Tautel de Minerve. Mais au nord-est de la substruction on remarque un assez grand espace de rocher aplani que pouvait occuper le temple de Rome et d'Auguste. Cependant il n'y a aucune trace sur le rocher.

On s'est demandé pourquoi Pausanias ne parlait point de cet édifice. On a vu dans son silence une protestation secrète de son patriotisme. Je ferai remarquer, pourtant, qu'il nomme sans scrupule le temple élevé à Auguste par les Spartiates, les statues que lui consacrèrent les Argiens et les Éléens. Auguste avait été, autant qu'Adrien, le bienfaiteur de la Grèce, Adrien, que Pausanias nomme si volontiers. Y a-t-il un patriotique courage a louer l'empereur sous lequel on vit et à dédaigner l'empereur qui est mort depuis plus d'un siècle? Pausanias, dans la rapidité de sa marche , néglige non-seulement une foule de détails dans l'Acropole, mais les choses les plus admirables. Lorsqu'il ne dit pas un mot des sculptures de la Victoire sans ailes, des métopes et de la frise du Parthénon , de la frise de l'Érechthéion et de la Tribune des six jeunes filles, il est naturel d'oùblier un petit temple fort ordinaire, qui ne s'est peutêtre pas trouvé sur sa route.

On se rappelle qu'un certain nombre de statues et de groupes importants étaient disposés à gauche de la façade du Parthénon : Procné et Itys, la dispute de Minerve et de Neptune, le Jupiter de Léocharès

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