CHAPITRE
nacëy puisque la colline de Musée le commande. Alors également le Parthénon devint une mosquée , et on éleva à l'angle sud-est le minaret dont il ne reste que la tour et l'escalier. Les peintures byzantines qui décoraient l'intérieur, les Turcs les blanchirent à la chaux « pour faire voir leur esprit, r) dit Wheler dans sa naïve indignation. Cependant ils laissèrent au-dessus de l'autel une mosaïque qui représentait la sainte Vierge , « parce qu'ils disent qu'un « Turc lui ayant tiré un coup de mousquet, la « main lui sécha sur-le-champ, d L'Érechthéion cessa d'être une église grecque et devint un harem : on y logea les femmes du disdar-aga. Ce fut une nouvelle cause de dégradation, lorsqu'il fallut approprier l'édifice à des usages domestiques.
Tel fut l'état de l'Acropole jusqu'à la seconde moitié du xvii^ siècle. Les monuments, quoique gâtés en partie, restaient debout cependant; le Parthénon etl'Érechthéion , intacts à l'extérieur et ornés d'une partie de leurs sculptures. Les Turcs, dans leur pieuse aversion pour les images , n'avaient mutilé que celles qu'ils pouvaient atteindre. Malheureusement l'art grec était un livre fermé pour les esprits les plus éclairés de ces temps-là ; et les voyageurs qui visitèrent alors Athènes n'y apportaient qu'une curiosité banale et une ignorance déplorable. De sorte qu'au lieu des lumières précieuses qu'on attend de leurs ouvrages y on ne trouve que pauvreté et qu'insouciance. Telle est la description que fait de l'Acro-
pôle d'Athènes un Grec anonyme qui vivait vers le quinzième siècle, avant la conquête de Mahomet II :
« 11 y a , » dit-il , v dans l'Acropole la petite école c< des musiciens. En face , un grand palais de marbre c( blanc avec des dorures, où les stoïciens et les « épicuriens allaient d'ordinaire. Quant au temple de « la Mère de Dieu, construit par A polios et Eulogios « en l'honneur du Dieu inconnu^ voici ce que c'est. « C'est un temple très-long et très-large ; ses murs (c sont construits en marbre blanc , scellés de fer et « de plomb; il y a autour de ces murs de très- . « grandes colonnes dont les chapiteaux ressemblent a à la couronne du palmier ; au-dessus des colonnes, « il y a des poutres de marbre blanc. »
C'est une chose curieuse , au milieu de ces inepties, que la confusion de quelques incohérentes traditions et la ridicule application qu'en faisaient les savants du temps aux monuments dont ils avaient oublié jusqu'au nom. Les épicuriens, les musiciens et le Dieu inconnu de saint Paul partagent amicalement l'Acropole ; Phidias et Ictinus sont effacés de tous les souvenirs par Apollôs et Eulogios; les Propylées sont un palais , le temple de la Victoire une école de musique. Je ne trouve une ombre de sens que dans la comparaison du chapiteau dorique avec le palmier et l'évasement de sa corbeille, et im peu d'intérêt que dans les dorures des Propylées qui appartenaient vraisemblablement aux chapiteaux ioniques