CHAPITRE XXI
du temple. Une raison plus décisive, c'est l'obscurité du sanctuaire y qui était complètement couvert et éclairé seulement par une lampe ; nous le verrons un peu plus bas. Les portraits des Butades ont leur place naturelle derrière l'autel du chef de leur race.
L'orateur Lycurgue, homme de bien et éminent administrateur, dont une république corrompue n'était pas digne, était de cette famille sacerdotale, que l'on finit par considérer comme consacrée sur- . tout à Neptune ; les grandes prêtresses, héritières de Pandrose, étaient chargées plus particulièrement du culte de Minerve Poliade. Lycurgue figurait avec ses fils dans le tableau complet des prêtres de Neptune qu'avait peint Isménias de Chalcis. C'était son fils Habron qui avait fait faire cette généalogie; et même, comme par droit de famille Habron avait transmis ses fonctions à son frère Lycophron, on le voyait lui mettant entre les mains le trident, symbole de sa dignité. La peinture n'avait pas seule représenté Lycurgue et ses enfants. La sculpture avait également consacré leur souvenir. Leurs statues étaient en bois ; c'était l'œuvre des fils de Praxitèle , Timarque et Céphisodote.
Dans le temple de Minerve se trouvait l'antique statue tombée du ciel ; c'était la plus révérée de toute l'Âttique. Elle était en bois d'olivier et d'un travail grossier, comme il est aisé de le supposer. Mais ses formes étaient cachées par le magnifique péplus que lui brodaient les vierges athéniennes; si bien
362 L'ACROPOLE D'ATEHÈNES.
cachées que les bras eux-mêmes disparaissaient sous les plis. Car il faut chercher le type du Palladium non pas à Dresde, à Munich, ou sur les vases peints, mais dans l'Acropole d'Athènes, où l'on a retrouvé plusieurs petites statues archaïques. Leur tunique fait sur le cou des ondulations régulières; le péplus tombe avec sa symétrie ordinaire. Mais elles ont cela de particulier que les bras ramenés sur les hanches donnent un mouvement différent à la draperie qui les couvre complètement. Qu'on s'imagine le manne-, quin aussi barbare que possible, la disposition des ajustements sans cesse renouvelés pouvait varier avec le progrès du goût. Deux de ces statues sont en effet d'un style charmant. Le Palladium regardait l'orient, et l'on racontait même qu'à la mort d'Auguste il s'était retourné par un élan subit vers l'occident. Ce nouveau témoignage est une preuve de plus que le sanctuaire est bien le temple de Minerve Poliade.
Les deux couloirs qui isolaient la cella des murs extérieurs la rendaient trop étroite pour qu'elle ne fût pas nécessairement couverte. Cette indication que donnent ses ruines elles-mêmes est justifiée par le fait suivant. Une lampe d'or, ouvrage de Callimaque, brûlait nuit et jour dans le sanctuaire. On n'y versait de l'huile qu'une fois par an, et la mèche, de lin carpasien, ne se consumait jamais. L'importance même de cette lampe montre combien elle était indispensable pour l'éclairage. Un palmier de bronze, qui montait jusqiCau plafond ^ dissimulait les conduits