CHAPITRE XXI
de la fumée, qui s'échappait parle toit. Pourquoi tant de soin, si l'édifice n'eût pas été entièrement couvert?
Il y avait à Thèbes , dans un temple, un arbre de bronze auquel des lampes étaient suspendues en guise de fruits. Ces sortes de candélabres ne devaient point manquer d'une grandiose élégance. Je me figure ainsi le palmier de TÉrechthéion , portant jusqu'au plafond sa tête chargée de lumière et d'un riche feuillage. On dirait que sa corbeille était un prélude à l'invention du chapiteau corinthien, qu'on attribuait au même Callimaque.
Il y avait dans le temple de Minerve Poliade un Mercure en bois qui remontait au temps de Cécrops. On ne cachait point sous des étoffes brodées cette œuvre grossière de l'art à son enfance, mais on l'ensevelissait sous des branches de myrte. Parmi les autres offrandes , Pausanias ne cite , à cause de son antiquité, que le siège pliant que l'on croyait l'on* vrage de Dédale. On montrait , en outre, divers trophées de la guerre des Mèdes : la cuirasse de Masistius, général de la cavalerie, tué à Platée, et le cimeterre de Mardonius. Le Parthénon avait eu la plus belle part des dépouilles, le trône de Xerxès.
Une petite porte ménagée sur le côté gauche de la cella devait donner accès au couloir méridional et à l'escalier par lequel on descendait dans le temple de Pandrose. Cette communication entre les deux sanctuaires, qui résulte si clairement de l'examen des lieux, est indiquée par un texte que j'ai déjà cité en
partie. Philochorus raconte « qu'une chienne entra « un jour dans le temple de Minerve Poliade , des- <c cendit dans le Pandroséion, sauta sur lautel de « Jupiter Hercéen , et s'y coucha à l'ombre de l'o- « livier sacré. » Voilà un fait qui méritait peu d'attirer l'attention de l'histoire'. Mais cette petite phrase nous en apprend plus, sur un des monuments les plus remarquables de l'antiquité, que le récit de la prise de T Acropole par Hérodote. On y trouve d'alK)rd la preuve d'une communication intérieure entre le temple de Minerve et celui de Pandrose; puis l'assurance positive que l'olivier était dans le Pandroséion. Ces deux particularités se devinent facilement, du moment qu'on est averti, sous les paroles que chantaient les vainqueurs des Panathénées, lorsqu'ils allaient consacrer dans le sanctuaire de Minerve la branche d'olivier qu'ils avaient cueillie dans le temple de Pandrose.
Enfin, l'anecdote de Philochorus nous apprend l'existence d'un autel de Jupiter protecteur de renceinte, coutume des temps homériques , qui jette un grand jour sur la disposition intérieure du Pandroséion. Quel compte ne doit-on pas tenir, dans une restauration, de cet autel qui, selon la remarque d'Athénée , était toujours situé dans une cour découverte. La présence de l'olivier sacré, la tige mère de tous les oliviers de l'Attique, demande plus im-
* Une lot exclaaif les chiens de F Acropole. Cest pourquoi un pireîl lait a paru extraordinaire et digne d'être noté.