‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 179 sur 200 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

périeusement encore lairet la lumière, que ne pouvaient fournir les trois petites fenêtres du mur occidental ; car elles éclairaient uniquement le grand vestibule. Aussi est-on forcé de supposer que le temple de Pandrose était découvert.

Ces "exigences, réunies aux traces que l'on observe dans le haut des murs latéraux, amènent donc à partager la cella en trois nefs, comme l'est encore aujourd'hui l'église byzantine. Une colonnade de chaque côté formera, au sol inférieur, le prolongement des murs qui isolaient la cella de Minerve Poliade, avec cette différence que le Pandroséion occupe toute la largeur de l'édifice. C'est pour cela que la surface des murs, qui n'étaient plus cachés par les couloirs, a reçu le dernier fini. Ces galeries, en même temps qu'elles rétrécissent la largeur disproportionnée du sanctuaire, soutiennent les pentes du toit, lorsqu'elles s'interrompent pour laisser découverte la cour où croît l'olivier immortel*. Mais, comme des colonnes en rapport avec la proportion de l'édifice n'arriveraient pas à cette hauteur, il parait naturel de supposer un second ordre, d'après la règle de presque tous les temples hypèthres. Parmi les ruines, xM. Tetaza trouvé un fragment de corniche semblable à la corniche des Caryatides et de la même dimension. Il a cru pouvoir, d'après cette vague indication, faire porter Tentablement par des

' Br&lé par les Perses, il avait, le jour même, repoussé de deux coudées. (Paus., Ati., XXVII.)

jeunes filles^ comme à la tribune du sud. Cette idée est très-lieureuse ; mais les données sont-elles suffisantes? Il faut qu'un architecte se décide devant l'impérieuse précision du dessin. Au contraire, quand la pensée se présente sous une forme qui permet le doute, c'est le cas de douter.

Auprès de Pandrose était la statue de Tkallo, une des Saisons, à qui l'on rendait les mêmes honneurs. Sa présence garantissait-elle à l'olivier une sève éternelle?

Le couloir qui isolait le sanctuaire de Minerve, du côté du nord, est au niveau du Pandroséion. C'est par le Pandroséion qu'on y entrait. Car on a vu, au chapitre précédent, qu'il n'y avait point d'escalier qui montât, comme du côté du sud, au sol supérieur. Dans ce réduit était l'entrée du passage souterrain qui conduisait au caveau du Trident. Je ne vois guère non plus d'autre place pour la niche du serpent * sacré dont parle l'étymologiste ; ce serpent qui effrayait si fort les compagnes de Lysistrata retranchées dans l'Acropole, et que l'on nourrissait de gâteaux de miel.

Si l'empreinte du trident a été découverte par les

' Démosthèues, partant pour l'exil, s'écriait en levant les bras vers TAcropole : « O Minerve Poliade, peux-tu aimer trois bêtes aussi mal- « faisantes, la chouette, le serpent et le peuple! > CPIut. Fie df Démosth,) On conserve sous le petit portique des Propylées plusieurs fra^pments de serpents en marbre qui ont été trouvés près de l'Érechthéion. Il y a surtout une tête de serpent colossal; Torbite de Tœil est creusée pour recevoir des pierres brillantes. •

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