‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 181 sur 200 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

piédestal, on remarque le même rang d'oves et de fers de lance. Mais leurs axes ne sont pas parallèles , ainsi qu'ils devraient Tètre sur une surface plane. Us convergent vers un centre imaginaire, comme pour produire par un jeu de perspective, Tillusion d'une surfaceconvexe. On dirait la zone d'une sphère déroulée et appliquée sur un plan avec le sentiment de la même courbe. Cette particularité est inexplicable, si Ton n'admet que l'artiste a transporté sur le piédestal un motif d'architecture qui rappelaitles fonctions des Errhéphores * . Dans l'art grec, chaque ornement avait sa place réglée par la tradition, et, par suite , éveillait une idée correspondante ou un souvenir dans l'esprit du spectateur. On reconnaissait la décoration typique du chapiteau des Errhéphores, et l'on devinait les fonctions d'ApoUodora avant d'avoir lu l'inscription.

Longtemps on a voulu que la tribune des jeunes filles renfermât l'olivier. Mais aujourd'hui que le sol est complètement dégagé, on ne songe plus à planter

> Les Errhéphores étaient encore des enfants. Mais est-il besoin de prouver longuement que Part n'était point obligé de s'astreindre servilement à faire leur portrait ? Des jeunes filles qui portent un fardeau sacré surjeur tête, voi]^ l'idée. Quant à l'exécution, tout dépend de la volonté de l'artiste. Non-seulement il en a fait des vierg^ déjà formées, mais les statues sont plus grandes que nature. On s'étonne, du reste, de la quantité de statues qui furent élevées dans l'Acropole aux Errhéphores : ce qui prouve que nous ne connaissons point assez toute l'importance de ces fonctions. L'histoire n'en dit que quelques mots.

un arbre sur trois ou quatre rangs d'assises de roche taillée, qui forment les substructions. Il faut donc chercher au portique une autre destination. Cécrops avait été enseveli dans l'enceinte consacrée à Minerve. Son tombeau occupait une place distincte et considérable, puisque dans les différentes inscriptions il est plusieurs fois cité comme centre des parties de l'édifice qui l'avoisinent, et ces parties sont celles du sud-ouest. Bien plus, la tribune des jeunes filles n'est elle-même désignée que par le nom du tombeau de Cécrops, qu'elle précède. C'est toujours la prostasis annexée au Cécropion^ de même que le portique du nord-est est la prostasis annexée à la grande porte. Tels sont les détails que nous a transmis l'antiquité sur le berceau de la religion athénienne. Cécrops, le premier, avait présenté à l'adoration des Pélasges la statue de Minerve et lui avait élevé un simple autel. Érechthée avait probablement entouré la statue d'une enceinte couverte , réunie à sa demeure. Car c'est de ce côté de l'Acropole, au nord, qu'habitaient les guerriers qui étaient venus d'Egypte avec Cécrops. C'est pour cela qu'Homère donne pour temple à Minerve la maison d'Érechthée, et que ce nom fut toujours conservé à l'ensemble de l'édifice. Sur ce coin de rocher, où la colonie vécut longtemps avant d'oser descendre dans la plaine, les différentes divinités qu'introduisit le progrès du polythéisme et de la civilisation se rangèrent autour de Minerve; les rois eurent leur tombeau auprès d'elle , les prêtres

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