‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 184 sur 200 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

On a parlé souvent de rirrégularîté de TÉrecliihéion. J'avoue que je ne la comprends pas mieux que celle des Propylées ; à moins que , par irrégularité , on n'entende l'absence de cette symétrie qu'aiment les modernes , et que les Grecs semblent avoir dédaignée dans leurs ensembles , c'est-à-dire dans les édifices composés de plusieurs corps de bâtiment. Les différentes parties de l'Érechthéion , dira-t-on, sont à un niveau inégal. — C'est comme aux Pror pylées : le Propylée oriental est à un sol plus élevé que le Propylée occidental. — Les colonnes engagées de la façade postérieure sont plus petites que les colonnes de la façade principale. Le portique du nord est encore d'une proportion difîérente. — Le petit dorique des Propylées ne l'est-il pas aussi? — Le portique du nord sf un fronton particulier qui coupe l'ordonnance de la frise principale. — Le propylée intérieur et son vestibule ne sont-ils pas couverts aussi par un fronton plus élevé, et cela, dans la largeur même du corps principal? — Mais ces ailes ajoutées à l'Érechthéion? — N'y en a-t-il pas aux Propylées? — Elles sont inégales. — Et aux Propylées? Celle de gauche n'est-elle pas deux fois plus profonde que celle de droite? — Mais cette ante double qui fait saillie sur le portique du nord à l'Érech*^ théion , son raccordement oblique avec le mur du téménos? — N'y a-t-il pas, derrière les Propylées, de ces prolongements qui les unissent aux murs de l'Acropole? Et la saillie à l'angle nord, et l'échan-

crure à l'angle sud , qui est entaillé par la muraille pélasgique? -^- C'était caché aux regards, dira-t-on. — Ce l'était également à l'Érechthéion , puisque la partie de l'enceinte sacrée où se trouvait le pilastre oblique était réservée à des usages privés- Non 9 je ne puis condamner dans un monument ce que j'admire dans l'autre, la variété, le mouvement , et une abondance de motifs bien supérieure à la pauvreté froide et compassée de nos répétitions symétriques. Les Grecs semblent avoir recherché avec un soin particulier, dans leurs grands ensembles d'architecture, les accidents, soit de construction, soit de perspective. C'est ce que l'on remarque partout, dans la moindre maison de Pompéi, comme dans les plus beaux édifices d'Athènes. Mais la variété des dispositions n'empêchait point l'unité de style, et tous les détails se reproduisaient avec la même importance et à la même place. La frise qui courait sur la façade orientale et le portique du nord, les moulures et les dessins, tournaient de toutes parts avec un ordre constant et formaient le lien des diverses parties en les revêtant d'un commun caractère.

I^ façade principale suit , je crois l'avoir déjà dit , les lois ordinaires , surmontée d'un fronton qui indique la pente du toit et se répète sur l'autre façade. Ces frontons ne semblent point avoir porté de statues ; car leurs fragments ne montrent aucune trace de scellement. La colonne de l'angle nord-est

Page 1