‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 19 sur 200 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

cependant, devant les figures mutilées du Partliénon, jusqu'aux larmes, comme le pourrait faire croire Cornelio Magni', si on ne connaissait Texagération familière aux Italiens. Lui-même avoue, du reste, avec une modestie qui est parfaitement fondée , que son ignorance le met à l'abri de ces vives émotions. Ce fut en 1674 qu'il visita Athènes avec le marquis de Noïntel. La même année, une prétendue relation de voyage était publiée à Paris. Guillet de Saint- Georges, plus tard premier historiographe de l'Académie de peinture j connaissait les PP. Simon et Barnabe, missionnaires capucins qui avaient résidé à Athènes. Aidé de leurs souvenirs, il entreprit l'histoire et la description de cette ville , et , comme une certaine tournure romanesque était nécessaire alors au succès d'un pareil ouvrage, il le mit sous le nom de son frère la Guilletière, Il supposait qu'après avoir passé quatre ans en esclavage à Tunis, la Guilletière avait parcouru la Turquie et lui envoyait le récit de son voyage. Une certaine vivacité, beaucoup d'anecdotes et de mensonges sont tout le mérite de ce livre.

Ce fut encore dans l'année 1674 que l'ambassadeur de France a Constantinople obtint l'entrée de l'Acropole et la permission de faire dessiner les anti-

' ... iDvitaao gli occhi aile lagrime di che iovaghito dî cosi eccellenti manifatture nutre un anîmo tatto vcnerabondo per la loro per- TezioDC ed antichità. lo per me colmo pîù d'ignoranzi che dVnidizîone sono esente dî queste passioni. {Parme, 1688, p. 6a.)

quités par un jeune peintre qui l'accompagnait. Jacques Carrey , élève de Lebrun , travailla pendant un mois à copier les sculptures du Parthénon. « Il faillit ce à s'y crever les yeux parce qu'il fallait tout tirer (c de bas en haut sans écliafaud'. » De telles conditions, à défaut du style du temps, suffiraient à expliquer l'imperfection de ces dessins qui travestissent singulièrement les œuvres du ciseau grec. Ils n'en ont pas moins un grand prix puisqu'ils donnent une idée de tant de morceaux qui sont anéantis aujourd'hui.

En 1676, Spon et Wheler, l'un Français, l'autre Anglais, tous deux fort zélés pour les découvertes et les monuments de l'antiquité , arrivèrent à Athènes , après avoir parcouru une partie de la Grèce et de l'Asie Mineure. Le docteur Spon , esprit cultivé mais présomptueux , en imposait par son ton tranchant à son compagnon plus modeste. Wheler publia en Angleterre une simple variante de l'ouvrage de Spon, citant sans cesse son autorité avec le •plus grand respect. Mais comme il avait plus de (inesse et savait mieux observer, il ajoute quelquefois des réflexions justes qui font regretter qu'il n'eût pas plus de connaissances personnelles ou plus d'indépendance dans ses jugements.

Il ne faut demander à ces deux relations ni sentiment de l'art, ni critique, ni goût. Spon déclare les frontons du Parthénon une œuvre de l'époque ro-

' SpoDy édition de Lyoo, p. 1/17.

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