CHAPITRE XXIll
tiiaire de Minerve, ne serait-ce qu'un de ces jeux du hasard qui a déplacé et confondu tant d'autres ruines? Nous savons cependant qu'il y avait dans l'Acropole une statue d'Antéros , et que cette statue était probablement située dans l'enceinte de Minerve Poliade. Elle avait été consacrée à l'occasion d'un fait célèbre qui se rattachait à la religion de l'Acropole. Timof^oras^ niétoec]ue, aimait un jeune Athénien riche et noble qui s'appelait Mêles. Dévoué à ses caprices comme un esclave, il l'accablait, en outre , de présents et n'était payé que de mépris. Un jour, Mélès refusa même deux oiseaux d'une grande beauté. Désespéré , Timagoras monte à l'Acropole et se précipite du haut des rochers. Mélès, quand il vit le cadavre de son ami , fut pris d*un repentir si violent qu'il courut se précipiter à son tour. Depuis cette époque, les métœques honorèrent Antéros comme le génie vengeur de Timagoras. Ils élevèrent à ce dieu un autel dans l'Acropole, et une statue commémorative fut placée dans le li^u même qui avait été le théâtre de cette double mort. La statue représentait un bel adolescent nu, tenant dans ses deux bras deux coqs magnifiques et dans l'attitude de quelqu'un qui va se précipiter.
L'endroit le plus escarpé de l'Acropole, c'est celui d'où se sont précipitées Aglaure et Hersé , celui que les Perses ont escaladé , si l'on en croit Hérodote , le côté précisément où est situé l'Érechthéion. Si, en outre, on retrouve dans le mythe d'Éros et d'Antéros
la lutte de Vulcain et de Minerve*, on comprend pourquoi l'offrande des métœques avait été placée de préférence dans l'enceinte de Minerve Poliade, et pourquoi , sur les piédestaux des offrandes postérieures, sont sculptés de petits Amours.
Il me reste encore à citer un piédestal romain qui touche à celui d'Hérmocrate. On y lit le nom de Claudius Néron , fils de Tibère , bienfaiteur du peuple athénien : c'est la formule ordinaire.
Les fouilles n'ont point été assez poussées, de mon temps, dans cette partie de l'Acropole , pour qu'on sache où se terminait l'enceinte de l'Érecthéion. Si les divisions de Pausanias ont quelque fondement, c'est au moment où il la quitte que se termine le 27* chapitre. La statue de Cylon, qu'il nomme au commencement du chapitre suivant, est donc la première qui attire son attention lorsqu'il entre dans l'espace compris entre le mur occidental du téménos, le mur septentrional de la citadelle , la route des Propylées au Parthénon et les Propylées. En effet, la grande Minerve de Phidias , qui se présente ensuite à ses regards, est en dehors de l'enceinte de TÉrechthéion, et le lieu qu'elle occupait nous est connu. « Je ne saurais expliquer au juste », dit Pausanias, a pourquoi on a élevé à Cylon une statue en « bronze, bien qu'il eût voulu se faire tyran de son « pays. C'est, je suppose, parce qu'il était d'une
' Dans le tome III de V Élite des monuments céramographiqttes , voyez l'explication de la planche VII.