CHAPITRE IV
dont Tarmée fut tenue longtemps en échec par le tyran Âristion, et qui eut plus de peine à prendre TAcropole qu'Athènes elle-même, Sylla pouvait-il épargner ce dangereux refuge?
Les fortifications restèrent à terre jusqu'au règne de Valérien. C'est du moins ce que nous apprennent Zozime et Zonaras. Rome était maîtresse du monde, la Grèce n'avait pas de guerre à craindre , et des murs n eussent servi qu'à favoriser des rébellions. Ce ne fut qu'à l'approche des barbares , quand les premières invasions des Goths émurent l'Orient, que Valérien envoya aux Athéniens l'ordre de relever leurs murs. Ils le firent avec la précipitation que commandait le danger.
En même temps, ils rétablirent les tours qui flanquent la porte à droite et à gauche. Les Romains les avaient seulement rasées à neuf ou dix pieds au-dessus du sol : elles n'étaient plus en eflei qu'un débris inutile, surtout quand la façade qu'elles défendaient était complètement renversée. Au lieu de les reconstruire, les Grecs préférèrent enlever la terre qui cachait leurs fondations. Ils reprirent ces fondations en sous-œuvre jusqu'au rocher, sur lequel elles reposent aujourd'hui ; et chaque tour grandit ainsi du double, non parce qu'on l'élevait au-dessus du sol, mais parce que le sol s'abaissait au-dessous d'elle. De sorte que nousavons aujourd'hui l'œuvre de deux époques bien différentes : la partie inférieure a été remaniée au temps de Valérien : la partie supérieure
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est restée intacte et remonte aux beaux siècles de l'art.
Avant de signaler un fait aussi remarquable, j'ai dû réfléchir mûrement et fortifier mon témoignage par l'autorité d'hommes spéciaux. Deux architectes de l'Académie de France à Rome , MM. Lebouteux et Louvet, ont eu l'obligeance de se joindre à moi pour étudier cette question. Nous avons longuement et à différentes reprises examiné chaque pierre, cliaque joint, chaque scellement. Une mine pratiquée pendant le siège de 1822 a ébranlé et déchiré cette partie de l'Acropole. Mais ce qui a gâté la beauté de l'architecture nous a permis d'en pénétrer le secret. Une pierre brisée, un joint écarté, laissent découvrir dans l'intérieur des murs les scellements de fer, en forme de double T, le plomb qui les lie, le trou précis et profond où ils ont été glissés. ^Tel est le caractère de perfection que les Grecs ont su donner aux plus petits détails, qu'il est aussi facile de distinguer l'époque d'un scellement que celle d'un monument. Tous les scellements que la main ou le regard saisissent dans les parties que la poudre a entr'ouvertes, le cèdent à peine à ceux du Parthénon et des Propylées. Les faces intérieures des assises sont préparées avec le même soin, ravalées de manière à ne laisser en saillie qu'un léger encadrement. La pression ne pouvant, par conséquent, s'exercer que sur les bords, on obtenait des joints d'une exactitude remarquable. Enfin, les murs ont comme ceux des