CHAPITRE V
de la rampe gauche, il en interrompt grossièrement Talignement et s'avance sur Tescalier. Nous savons que la statue d'Agrippa fut ëlevée pendant son troisième consulat, sous le règne d*Auguste. Par conséquent, si le plan de Tescalier eût été tracé pour la première fois du temps des Romains, on eût tenu compte évidemment du piédestal, et oA eût amené l'encadrement de l'escalier dans son prolongement. Les traces de l'escalier sont écrites, du reste, bien clairement sur les substructions qui supportent les deux ailes des Propylées. Ces substructions sont en pierre et en marbre : en pierre tout ce qui était caché par l'escalier , en marbre , tout ce qui paraissait. La ligne de séparation de matériaux si différents forme elle-même des degrés qui accompagnent le mouvement de l'escalier.
Une dernière preuve d'une nature plus délicate que les autres, est cependant plus concluante encore à mes yeux : car elle se rattache aux principes les plus savants de l'art grec. L'on sait, et j'aurai l'occasion de le montrer par la suite, que les édifices doriques du siècle de Périclès ont toutes leurs lignes légèrement courbes et que les surfaces qui sont parallèles à l'horizon ne sont pas planes, mais convexes. Ainsi les stylobates (c'est-à-dire le sol sur lequel posent les colonnes) sont convexes, les entablements sont convexes, et Vitruve recommande même de garder une certaine proportion entre les courbes de la base et celles du sommet du monu-
ee L'ACROPOLE D'ATHÈNES.
ment. Un temple dorique peut ne pas avoir des courbes horizontales, et certains temples en effet' n*en ont pas. Mais ce serait quelque chose d*inouî qu'un entablement courbe et un soubassement plan. C'est pourtant le cas des Propylées. L*entablement de leurs différents portiques présente la même convexité que l'entablement du Panthéon; cependant les soubassements, les stylobates , sont plans.
Cette anomalie a été signalée déjà par un architecte' qui ne s'est nullement occupé de l'escalier des Propylées, mais qui a publié de remarquables études sur les courbes des monuments athéniens. Elle me parait maintenant s'expliquer naturellement. On a fait plan le soubassement des Propylées, pour qu'il fût en harmonie avec l'escalier qui ne pouvait être convexe. Les degrés du stylobate et ceux de l'escalier arrivant à se rencontrer, leurs lignes ne pouvaient se contrarier d'une façon aussi choquante ; tandis qu'entre la ligne des stylobates et celle des architraves il y a trop de distance, il y a trop de perspective et de lumière à travers la colonnade, pour que cette discordance soit sensible.
On se demandera peut-être pourquoi l'escalier primitif a disparu; pourquoi, six ou sept siècles
» M, PcnrOse, Principles of atkenian architecture; LondoD, i85i. The Parthenon andPropylaea... In the latter however the curve only occurs in entablature, the line of steps being streight and level (p. a6}. The stylobate of the Propylsea both oenter and wings is level, but the horizontal Unes of entablature were curved in the central (pag. 6a).