‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 37 sur 200 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

plus tardy il a fallu en refaire un nouveau. Il suffiraity je crois, d^adresser cette question aux architectes auxquels leurs connaissances pratiques donnent plus d'autorité sur ce point. Us savent dans quel état peut se trouver, après sept cents ans, un escalier de marbre blanc, matière qui s'use plus vite que toute autre par le frottement, surtout lorsque cet escalier conduit au lieu le plus fréquenté du monde. Si l'action du temps ne suffisait à expliquer la nécessité d'une restauration , ne faut-il pas tenir compte des accidents, des guerres, des assauts, des ruines? Sans aller plus loin, quand Sylla fit renverser les murailles et les tours qui entouraient de toutes parts l'escalier ancien, les marbres ne durentils pas être brisés par la chute des énormes pierres que les soldats romains précipitaient?

11 me reste à expliquer, comme je l'ai annoncé plus haut, pourquoi l'escalier est divisé en deux parties inégales, ou plutôt en deux systèmes différents , pourquoi , au-dessous du palier central , les degrés sont continus, pourquoi, au-dessus, ils sont interrompus par un chemin creux.

La position de ce grand palier, qui présentait onze cents pieds carrés , n'a point été choisie au hasard , mais déterminée par 'les exigences mêmes des lieux. Du côté du nord, il communique avec un petit escalier taillé dans le rocher, l'escalier de Pan \

< Planche U, lettre H.

dont il sera question à la fin de ce chapitre. Du côté du sud , il correspond à une seconde entrée latérale * qui devait exister au-dessous du temple de la Victoire. En effet, par là seulement pouvaient monter les victimes et les bêtes de somme : à l'occident la pente était trop roide, au nord il n'y avait qu'un rocher à pic. Les animaux arrivaient par cette porte au palier central, puis suivaient le chemin creux que l'on avait ménagé au milieu de l'escalier supérieur ; leurs pieds ne pouvaient glisser sur les dalles de marbre profondément striées. Au contraire , il était inutile de faire descendre le chemin creux jusqu'au bas de l'escalier, jusqu'à la grande porte occidentale, puisque cette partie n'était accessible qu'aux piétons. De sorte qu'un plan si simple se prétait à la fois aux commodités usuelles et aux intérêts de l'art.

C'est aujourd'hui une idée généralement acceptée que les chars et la cavalerie montaient à l'Acropole, passaient sous les Propylées, et venaient faire leurs évolutions autour du Parthénon. L'imagination trouve dans ce spectacle quelque chose de magnifique et de séduisant, et ne laisse que peu de loisir à l'esprit d'examen. Aucun texte ancien, cependant, ne parle d'un fait aussi remarquable , quoique les moindres détails de la procession panathénaîque soient minutieusement décrits.

' Planche II, lettre J.

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