‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 38 sur 200 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Lorsque la frise du Parthénon fut connue pour la première fois en Europe, et expliquée par les savantSy ils y virent une copie exacte et matérielle de la procession des Panatliénées , ne laissant à l'artiste que le mérite de Texécution. L'occasion se présentera plus tard de protester contre ce système. La conséquence directe, c'est que tout ce qui est figuré sur le temple a dû exister en réalité autour du temple, de même qu'une ombre projetée sur un mur suppose nécessairement le voisinage du corps c{u'elle dessine. U y a des chevaux et des chars sur la frise de Phidias, donc les chars et les chevaux * montaient à l'Acropole et tournaient autour du Parthénon. Cette opinion devint en effet populaire, et, en cherchant plus tard à la justifier, quelques .voyageurs crurent voir des traces de roues sur le plateau de l'Acropole. Pour moi, j'ai bien remarqué un large conduit pour les eaux et, de tous côtés, des trous carrés qui servaient à sceller les piédestaux et les stèles. Mais assurément il n'y a pas la moindre trace de roue. Ne serait-il pas extraordinaire que quelques chars qui passaient une fois en quatre ans sur le rocher eussent creusé de profonds sillons? Les stries qui coupent la surface du rocher au-dessus des Propylées, prouvent simplement qu'on avait voulu la rendre moins glissante pour les piétons et pour les animaux : du reste, ces stries couvrent tout l'espace qui s'ouvre devant la façade intérieure des Propylées. D'ailleurs, telle est

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la roideur de la pente, qu'a\^c toutes les facilites possibles, des voilures ne pourraient la gravir et encore moins la descendre. L'angle d'inclinaison est d'au moins vingt degrés.

Les auteurs nous apprennent que la galère Panatliënaïque, qui glissait sur la terre par un mécanisme invisible, se promenait précisément au-dessous du temple de Minerve Poliade, à l'orient et au nord de l'Acropole. On l'arrêtait au moment où la procession commençait à monter vers la citadelle (au pied de l'Aréopage), et l'on détachait le péplus pour le porter à la déesse. Alors, je me figure la pompe sacrée se divisant en trois troupes et suivant trois chemins différents. Les prêtres, les magistrats, les vieillards, les jeunes vierges, se dirigent vers la grande entrée. Us dépassent les tours de la façade , qui sont comme le vestibule de l'Acropole et montent lentement le magnifique escalier de marbre. Pendant ce temps, les sacrificateurs et les bœufs qu'ils conduisent , les métœques chargés de leurs fardeaux arrivent à la porte latérale du sud et se présentent au-dessous du temple de la Victoire. Enfin , la jeunesse athénienne , qui a quitté ses chars et ses chevaux près de l'Aréopage avec le vaisseau sacré , gravit l'escalier de Pan , qui touche presque à l'Aréopage, et débouche par la porte latérale du nord, au-dessous de la Pinacothèque. I^s trois troupes se rencontrent sur le vaste palier qui forme le centre de l'escalier; elles se réunissent et reprennent l'ordre accoutumé pour franchir les

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