‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 44 sur 200 · CHAPITRE Vï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vï

de sculptures. Spon et Wheler en auraient parlé, conune ils ont parlé des frontons du Parthénon et de la Victoire sans ailes. Qu'ils fussent peints, selon Tusage quelquefois constaté de l'antiquité , le champ est libre aux suppositions.

Du grand vestibule, les deux murs parallèles restent seuls complètement debout, jusqu'à la corniche. Quant aux six colonnes ioniques j on n'en voit plus que les bases et quelques tambours mutilés. Les fragments des chapiteaux gisent à terre, deux, par bonheur, assez considérables pour permettre déjuger du caractère de cet ordre. On sait qu'il se dérobait à une dangereuse comparaison avec le dorique , grâce aux nécessités de la construction. Les chapiteaux supportant le soffite se trouvaient de niveau , non pas avec les chapiteaux de la façade , mais avec leur entablement, qui servait en quelque sorte d'interruption entre deux styles si différents. Malgré cela , on voit que l'ordre ionique a pris toute la simplicité, je dirai même toute la sévérité qu'il comporte. Un rang d'oves , la volute enroulée trois fois , la petite palmette à la naissance de la volute, voilà tout le chapiteau.

Quand on le compare au chapiteau ionique de l'Érechthéion , par exemple, avec les tresses, le rang de perles, les spirales compliquées, le gorgerin chargé d'ornements, on apprécie mieux encore sa belle nudité, sa courbe puissante et sa grâce virile. Au-dessous du rang d'oves, on voit des trous

qui supportaient des ornements de métal doré\ Les cinq portes du fond restent encore, exhaussées sur cinq degrés, le dernier en marbre noir d'Eleusis. La porte du milieu est d'un tiers plus grande et plus haute que les portes qui sont à sa droite et à sa gauche. Les deux portes des extrémités vont ellesmêmes décroissant dans une proportion encore plus forte. Les restes de chambranles qu'on voit en place, sont d'une époque bien postérieure à la construction des Propylées. Ce sont d'épaisses plaques de marbre d'un travail peu habile et qui ne s'adaptent même pas , par leurs saillies grossières , aux rainures fines et exactes qui avaient été taillées pour recevoir des vantaux en bronze. Les trous de scellement existent encore sur le seuil et dans le haut de la porte. On remarquera aussi des restes de crampoçs brisés qui n'ont point de correspondants dans les chambranles actuels. Les portes avaient été remplacées comme le grand escalier. Si l'un fut brisé, les autres furent vraisemblablement volées et détruites. Sur les plaques de marbre on ne trouve aucune trace de fermeture : que signifient alors les clôtures dont parle Aristophane dans la comédie de Lysistrata el dans celle des Chevaliers ? i

Le portique qui regarde Tintérieur de l'Acropole est composé de six colonnes doriques comme celui

' Ce seraient les dorures dont parle une description anonyme du quinzième siècle : Magnum palatium , candido marmore factum» inauratum. {roy. ci-dessus, chap. III, page 32.)

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