‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 45 sur 200 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de la façade principale. Cinq ont conservé leurs chapiteaux, deux sont encore unies par un morceau d'architrave. Le portique oriental étant sur un sol plus élevé , le fronton et le système de toiture qui lé couvrait* étaient eux-mêmes plus hauts que le fronton de l'autre portique , et que la toiture du vestibule. Us étaient indépendants Tun de l'autre, et c'était naturellement le mur percé de cinq portes qui servait de ligne de démarcation. 11 est impossible de juger de l'effet que devait produire cette différence de niveau entre les frontons , aujourd'hui que tout est renversé et qu'on n'en. a d'autre indice que le brusque changement des corniches et des profils, crétait là encore une des hardiesses si fréquentes dans les Propylées , que la nature des lieux justifiait rt que le talent de l'artiste avait su faire admirer.

L'aile gauche *, seule conservée , est d'une charmante couleur. Le corps des Propylées, enseveli pendant des siècles dans des constructions modernes, a maintenu la blancheur de ses marbres. Le petit portique de gauche , au contraire , a reçu continuellement cette couche d'or bruni que le temps et le soleil déposent sur les monuments de la Grèce. L'œil ne sait ce qui le charme plus vivement des couleurs ou des proportions. Les trois colonnes doriques qui soutiennent le portique sont d'un tiers plus

' L'aile qu'on voit à sa gauche en montant aux Propylées. Cette désignation employée par Pausanias est, en efTet, la plus logique. Il n'en

est pas d'un monument comme du cours d'un fleuve.

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petites que les colonnes de la façade. Elles ont cependant assez de grandeur pour ne rien perdre de leur efîTet : elles sont aussi hautes que les colonnes du temple de Thésée. En même temps , elles appuient et font ressortir le grand ordre qui, de son côté, leur prête par son opposition une grâce et une douceur qui surprennent dans le style dorique.

Du portique on passe dans une salle rectangulaire qu'on appelle ordinairement la Pinacothèque. La porte est flanquée de deux fenêtres doriques avec pilastres. Cette salle est détruite à partir de la corniche ; mais elle était couverte par un toit à trois égouts. Il existe encore plusieurs morceaux qui ont appartenu à la bordure du toit, entre autres, un morceau angulaire avec attache d'antéfîxe. Des trous informes et la fenêtre byzantine pratiqués dans le mur datent des ducs d'Athènes, qui avaient construit leur palais sur les Propylées et détruit le sommet de l'aile gauche pour l'élever d'un étage. C'est pour cela qu'on la voit uniformément rasée au-dessus de la frise de la même manière que le Tabularium romain. Les trigly plies se continuent sur les trois côtés de l'édifice, bien qu'à l'occident et au nord il n'y eût que le mur, mur criblé de boulets et de balles , et dont , pourtant , les assises sont à peine déplacées.

L'aile opposée n'était qu'un simple portique, semblable à celui de gauche, et aucune salle n'y était annexée. Cette aile a aussi servi de base à une tour bâtie pendant le moyen âge. Deux des colonnes sont

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