‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 46 sur 200 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

enclavées dans le mur, et on les» voit en entrant dans la tour. La troisième a été détruite , mais sa trace est empreinte sur le marbre. Ce portique n'était point fermé complètement par derrière ; une porte indiquée aujourd'hui par Tante qui fait saillie au pied de la tour, conduisait dans un petit espace compris entre les Propylées, le mur d'enceinte de l'Acropole et le mur pélasgique.

Enfin, les murs qui unissent toutes les parties de l'édifice et regardent l'intérieur de l'Acropole n'ont évidemment point reçu le dernier fini. Les joints des pierres ne sont pas amenés à leur point , et les angles obtus , ainsi que la isurface provisoire qui prévenait tous les accidents de la construction, n'ont point été abattus. On remarque souvent au milieu des pierres une partie saillante qui peut-être servait à les élever à leur place , peut-être aussi à mesurer le travail de Touvrier, comme les témoins de l'arpentage, et qui devaient plus tard disparaître. On remarque, surtout derrière l'aile droite , des preuves évidentes d'une interruption dans les travaux. Les petites constructions qui existaient précédemment sont restées dans l'état de mutilation que leur avait fait subir l'établissement des constructions neuves. I^ cour en forme de trapèze qui s'avance vers le temple de la Victoire n'a pas été débarrassée des restes du petit édifice en marbre blanc qui a été coupé par le mur méridional compris dans la tour vénitienne.

Ces détails disparaissaient dans l'ensemble du mo-

nument et n'empêchaient point les anciens d'affirmer qu'il avait été complètement terminé. Ils ne nuisaient en rien à cçtte fleur de jeunesse qu'admirait Plutarque, ni à ces beautés plus durables que nous admirons encore. La science déployée par l'architecle dans la construction des Propylées est au moins égale à la science d'Ictinus et de Callicrate. Comme eux , il a su éviter la sécheresse et la froideur des lignes droites , avec un art qui est encore un problème pour les modernes. Les plans verticaux ont été inclinés, les plans horizontaux ont été courbés, et c'est ainsi que l'édifice a pris , comme la nature elle-même, qui ignore les abstractions géométriques, quelque chose de réel, de vivant, d'harmonieux. Quelques considérations sur la théorie des courbes trouveront mieux leur place au chapitre du Parthénon. Un temple se prête plus facilement à des rapprochements et à des comparaisons qu'un monument aussi original et aussi isolé dans l'art antique que le sont les Propylées. Du reste, les principes sont les mêmes dans l'un et l'autre édifice. H n'y a de différence que dans leur application et dans le sentiment des courbes. Ce sont ces variétés qu'il importe de signaler.

L'inclinaison des plans verticaux est généralement un peu plus forte qu'au Parthénon. Les colonnes des petits portiques, les murs s'inclinent plus sensiblement vers l'intérieur. Les antes, au contraire, se penchent en avant d'un angle deux fois plus petit.

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