‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 48 sur 200 · PU CARACTÈRE DES PROPYLÉES · texte numérisé non relu

PU CARACTÈRE DES PROPYLÉES

L'originalité même des Propylées, qui fait en partie leur beauté, rend aussi leur caractère plus diflGcile à saisir. C'est un embarras de décider dans quel but ils ont été construits. Est-ce simplement un monument de décoration? Renferment-ils une pensée religieuse ? Est-ce un ouyrage de défense et de fortification? En un mot, appartiennent-ils à l'architecture civile, religieuse ou militaire des Athéniens? Dans des matières qui prêtent tant à l'interprétation, et où notre ignorance des idées anciennes nous peut égarer, il est naturel de rechercher avant tout les faits.

L'Egypte, avant la Grèce, construisit des Propylées. Hérodote raconte qu'Amasis , voulant honorer Minerve, lui éleva, à Sais, des Propylées admirables. Aucun de ses prédécesseurs n'en avait construit ' d'aussi liants, d'aussi grands, d'aussi remar-

quables par la dimension et la qualité des pierres. Il est singulier qu'Hérodote admire dans les Propylées de Sais précisément ce qu'admirait Pausanias dans ceux d'Athènes. A Persépolis, il y a des Propylées en avant des palais. Ils sont ornés de colonnes, de pilas- Ires, de sculptures; tantôt ils tiennent à l'édifice, tantôt ils forment un corps avancé.

On a supposé qu'à Athènes des Propylées plus anciens avaient existé sur remplacement même des nou- . veaux, et que les Perses les avaient détruits. J'ai cherché en vain un auteur qui en parlât. Au-dessous de la Pinacothèque, on remarque, jetées au hasard, quelques pierres revêtues de stuc. Les unes proviennent d'un petit monument ionique , les autres d'un petit monument dorique. Ce mélange des deux ordres, qui se retrouve dans les modernes Propylées , serait-il une preuve suffisante? Ces rares débris, qui appartenaient peut-être à deux temples différents, ne peuvent-ils se trouver fortuitement rassemblés? A moins d'un témoignage écrit, que j'ignore, il est difficile d'admettre une telle conjecture.

Il y avait des Propylées à Corinthe ; mais nous ne savons pas s'ils furent construits par la colonie de Jules César, ou si les Romains restaurèrent seulement un ouvrage grec renversé par Mummius. En sortant de l'Agora, dans la direction du port Léchée, Pausanias signale des Propylées dont le sommet était orné de chars dorés. Sur l'un était Phaéthon, fils du Soleil , sur l'autre le Soleil lui-même. C'est ainsi qu'à

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