‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 54 sur 200 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qui n'admettent l'art qu'au service de la force ^ Où voit-on ce luxe de portiques, de colonnes accumulées, d'ordres variés, de frises, de frontons, d'ornements exquis? Où voit-on des statues équestres*, un petit temple décoré de charmantes sculptures*, une collection de tableaux*, placés en avant des fortifications et exposés aux premiers coups de l'ennemi? Je sais bien que l'on voudra admirer la grandeur d'âme des Athéniens , qui prodiguaient ainsi, hors de propos, leurs trésors et leurs chefs-d'œuvre? Mais, en réalité, ce serait les accuser d'avoir manqué de sens , leur nier ce goût, cette sobriété que nous appelons de leur nom atticismcy ce respect des traditions qui est le propre de l'art antique. Les Grecs riaient des Perses, qui marchaient au combat avec des robes traînantes et parés comme des femmes. Mais Athènes se construisant une forteresse sur le modèle de son Pœcile et de son Parthénon, était-ce moins étrange?

Un fait pareil eût certainement frappé les anciens plus vivement encore qu'il ne nous frappe nousmêmes, et, avant de parler de la beauté des Propylées, de la grandeur de leurs pierres, du prix qu'ils avaient coûté, du temps qu'avait demandé leur construction, ils eussent loué ou critiqué un essai qui n'était rien moins qu'une révolution. Tous gardent

' Les statues des fils de Xénophoo.' ' Le temple de la Victoire aptère.

^ La Pinacothèque

le silence sur ce point, Plutarque lui-même, qui s'étend cependant assez longuement sur les monuments de Périclès et qui était naturellement amène à penser à ces merveilleuses fortifications, puisque, quelques lignes plus haut, il venait de parler des Lx)ngs Murs.

Enfin , si les Propylées , en général , étaient un ouvrage militaire, le petit nombre d'exemples que nous en connaissons contredirait singulièrement ce principe. £n Egypte, on les place devant les temples, en Perse devant les palais. Je ne parle pas d'Éleusis, que Ton cile quelquefois comme une place forte. Mais comment, sous la domination romaine, lorsque cette ville ne méritait, ni par son impor^ tance militaire, ni par sa position, de si somptueuses fortifications, y construisit-on cependant des Propylées semblables à ceux d'Athènes?

Quand Philippe franchit les Thermopyles, un décret indiqua Sunium aux habitants de la pointe de l'Attiqùe comme lieu de refuge. Veut-on, pour cela, considérer le péribole du temple de Minerve à Sunium comme une citadelle? Il avait des Propylées.

— Mais là, on ne cherchera ni courtine, ni bastions; car c'est une simple façade composée de deux colonnes entre deux pilastres.

Une place publique , un marché dans l'intérieur d'une ville, ne semblent pas exiger des fortifications.

— Il y avait des Propylées devant l'Agora d'Athènes et l'Agora de Corinthe.

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