CHAPITRE YIII
Celte idée semble confirmée par le tableau du même peintre, qui servait de pendant. Il représentait encore un homme parmi des jeunes filles : Ulysse se présentant à Nausicaa et à ses compagnes, qui sont venues laver au fleuve. Il y a, dans le sixième chant de rOdyssée, plusieurs délicieux tableaux que l'artiste n'avait qu'à transporter sur le bois ou sur le marbre. Il a choisi le moment où les jeunes filles jouent à la balle, pendant que les vêtements précieux sèchent au soleil, ce Au milieu d'elles, Nausicaa, « aux beaux bras, dirige les jeux. Telle Diane, qui (c se plait à lancer des flèches, parcourt les mon- « tagnes , le haut Taygète ou TÉrymanthe, à la pource suite des sangliers et des cerfs rapides. Autour « d'elle jouent les nymphes des bois, filles du dieu «< qui porte l'égide, et Latone se réjouit dans son « cœur. La fille d'Alcinoûs jette à une de ses comcr pagnes la balle légère, qui s'égare et va tomber « dans le courant profond. Toutes poussent un i< grand cri. Aussitôt le divin Ulysse sort des buisce sons qui le cachaient. Il s'avance, comme le lion ce nourri dans la montagne, qui, se confiant dans sa ce force, marche trempé de pluie et battu par l'occ rage. Il leur apparaît horrible , souillé par l'onde ce amère.... »
On se demande si un peintre n'est pas plutôt téméraire , en voulant lutter avec de telles beautés , que sage en s'inspirant des chants populaires d'un grand poète. Mais certainement le tableau est tout fait.
114 UACROPOLE D*ATHÈI«£S.
On voyait encore dans la Pinacothèque Alcibiade, avec les insignes de la victoire qu'il avait remportée à Némée, dans la course des chars; Persée qui arrive à Sériphe et porte la tête de Méduse à Polydecte. L'on sait qu'Alcibiade s'était fait peindre, par Aglaophon, assis sur les genoux de la nymphe Némée, avec un visage plus beau que celui d'une femme. Les vieillards murmuraient d'une telle insolence; mais le peuple se pressait autoiu- du tableau avec un vif plaisir, soit que la beauté d'Âlcibiade le ravit, soit que ce fût le talent de l'artiste. Comme Pausanias ne parle que des insignes de sa victoire et ne parait pas désigner sufiisamment une conception aussi hardie, on a supposé, avec raison peut-être, qu'Alcibiade s'était fait peindre de plusieurs manières différentes.
On voyait encore un enfant portant des urnes et un lutteur. Le lutteur était de Timaenète, peintre inconnu, du reste. Enfin, il y avait un portrait de Musée.
Au-dessous de l'aile gauche des Propylées, à douze ^pieds en avant de son soubessement, s'élève an gnnd piédestal d'environ vingt-cinq pieds de hauteur, en marbre gris de l'Hymette, qui supportait une statue,' probablement colossale , érigée par les Athéniens au gendre d'Auguste, Agrippa. Son nom est inscrit sur une des faces, et la date est celle de son troisième consulat. La bienveillance d'Auguste pour Athènes explique les bienfaits d' Agrippa. Il avait fait construire, le théâtre du Céramique, qui portait son nom.