‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 61 sur 200 · LE TEMPLE DE LA VICTOIRE SANS AILCS · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE LA VICTOIRE SANS AILCS

Le temple de la Victoire sans ailes est situé en avant des Propylées, sur une terrasse haute de six mètres. On y monte par un escalier qui se raccorde avec l'escalier des Propylées par un petit soubassement.

Sur trois degrés s'élève le sanctuaire, fermé de trois côtés; il a en largeur un peu plus, en longueur un peu moins de cinq mètres. L'entrée , à l'orient, est entre deux piliers qui soutiennent l'architrave, et qui étaient réunis aux murs latéraux par une grille. Le sanctuaire est précédé d'un portique de même laideur, composé de quatre colonnes ioniques , fermé lui-même sur les- côtés : non-seulement la fermeture qui unissait les deux colonnes d'angle aux antes a laissé son empreinte, mais on remarque, sur les bases, que la partie qu'elle recouvrait n'a été que dégrossie.

il8 L'ACROPOLE D'ATHÈNES.

Autour du temple règne une frise haute de quarante-quatre centimètres et ornée de sculptures; les frontons et le toit n'existent pluâ. Les deux portiques seuls ont encore leur plafond décoré de caissons.

Tout rédifice est construit en marbre pentâique. Le fût des colonnes est d'un seul morceau ; elles ont, avec leurs bases et leurs chapiteaux, un peu plus de quatre mètres ; leur diamètre est de cinquante-deux centimètres à la base, de quarante- trois au sommet.

Comme on le voit par ces chiffres, le temple de la Victoire est fort petit; mais, à défaut dû grand aspect et de réffet des temples doriques , il a de Télégance et de la grâce. Le temps et la ruine semblent même y avoir ajouté plus de délicatesse, en découpant inégalement les cannelures des colonnes : ce ne sont plus des lignes d'architecture, mais les plis légers et ondoyants d'une étofle, qui justifient les expressions de Vitruve, lorsqu'il compare les cannelures d^une colonne à la robe d'une femme. Sa grosseur réelle ainsi diminuée, la colonne paraît porter plus faiblement les belles volutes de son chapiteau : comme une femme , pour continuer la comparaison du même auteur, qui fléchit sous sa riche coiflTure.

Mais de même que les idées de Vitruve sur l'ordre ionique , trop poétiques pour n'être point dérobées à la Grèce, n'ont qu'une importance littéraire, et nous prouvent que les anciens savaient quelquefois,

Page 1