‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 67 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

celle du nord sont complètement effacés. Ce qui ma frappé surtout, c'est le caractère général de cette bataille, qui est engagée avec une violence et une fureur que Ton ne remarque point dans les deux autres. Il est possible, je le sais, que cela tienne imiquement à ce que différents artistes ont peut-être travaillé à la frise ; un talent plus fougueux se serait chargé de ce côté. Mais ce n'est point prêter à l'art grec des beautés trop raffinées que de supposer que la sculpture suit fidèlement l'histoire. Elle fait coml>attre plus mollement ces Mèdes que l'on égorgeait j>ar troupeaux, mais réserve toute sa force pour mettre dignement aux prises des Grecs qui ont la même force, le même courage, les mêmes armes. Ils se précipitent, en heurtant leurs boucliers , assènent des coups terribles, se disputent avec acharnement leurs morts. Pas un ne fuit, pas un ne recule ; les blessés eux-mêmes, au lieu de demander grâce, se défendent encore sous le pied qui les presse.

Commedans le Parthénon, comme dans le temple d'Apollon Épicourios à Bassœ, la direction de la frise, sur les côtés du temple, est de l'ouest à l'est; c'està-dire que la marche du combat, partant de la façade postérieure , aboutit à droite et à gauche du fronton principal. De sorte que l'artiste, dans l'arrangement des personnages et de leurs poses, avait à observer une triple convenance qui devenait une triple difficulté. Il fallait d'abord que les combattants se fissent face les uns aux autres , sous peine de

ne pouvoir comballre. Malgré cela, on devait sentir un entraînement général de Faction vers l'orient . Enfin il^ fallait, autant que possible, présenter de face ou de trois quarts chaque personnage au spectateur, les morts eux-mêmes : car une série de profils prête peu au développement de formes et de muscles que Ton demande à la sculpture. Avec quel art, quelle variété , quelle aisance surtout , lartiste ne s'est-il pas joué au milieu de tant d'entraves! Je ne {>arle ni de la nature, si exactement copiée, ni du goût, dont les lois les plus délicates sont toujours respectées. C'est là, peut-être, ce que n'ont pas assez remarqué ceux qui comparent la frise du temph* de la Victoire sans ailes avec les bas-reliefs do Phigalie.

A Phigalie, quelque habile que soit une main qui avait sans doute travaillé aux sculptures du Parthénon, on reconnaît une tendance fâcheuse: le besoin de renouveler des sujets aussi usés que l'étaient alors des combats d'Amazones et de Centaures, le désir surtout de, faire , non pas mieux , mais autrement que les grands maîtres de l'art. De là une exagération qui fausse la nature ; de là une recherche maniérée que le goût réprouve toujours ; de là ces Centaures qui mordent à la gorge et ruent tout en même temps dans les boucliers, ces Amazones aux poses prétentieuses, que l'on renverse de cheval par les pieds, et dont les accidents sont plutôt ridicules que tragiques. Beaucoup de détails sont tourmentés,

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