‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 68 sur 200 · CHAPITRE IX. 13Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 13Ô

invraisemblables, et, lorsqu^on voit rensemble de ces bas-reliefs à côté des sculptures du Parthénon, c'est alors, surtout, que la comparaison est fâcheuse ' mais instructive. Les sculptures du temple de la Victoire, au contraire, sont d'un style pur, sévère, irréprochable : c'est le sentiment grec, avec toute sa mesure et son admirable instinct du vrai. Que ne les compare-t-on plutôt aux bas-reliefs du temple de Thésée, qui ont le même caractère , la même beauté, et qui sont peut-être de la même époque?

J'ai fait allusion tout à l'heure aux couleurs dont avaient pu être revêtues certaines parties delà frise. Je dois dire cependant qu'il n'en reste absolument aucune trace. L'air corrosif de la mer, le marteau des Turcs, la chaux qui fixait la moitié de ces débris dans le mur d'une poudrière, ont enlevé la surface même et comme l'épiderme du marbre; mais les restes de peinture que l'on voit sur la frise du Parthénon, sur la frise occidentale du temple de Thésée, autorisent, je crois, cette induction. Cependant, je lie parle que du fond de la frise, des armes, des draperies; là seulement on a trouvé de la couleur. Le nu restait^il blanc? Était-il revêtu d'une teinte légère ? C'est encore un problème. Lorsque les bas-reliefs étaient taillés dans la pierre, on ajustait aux person-

> Pendant que Phidias, Alcamènc et Panaenus ornaient le temple d'OIympie» des sculpteurs d^un moindre mérite allèrent, avec Ictinus, en Arcadie. Leur œuvre m'a toujours semblé trahir la prétention d'édipMN* Pliidîas lui*méme.

nages féminins des têtes, des mains, des pieds , en marbre blanc : ce n'était probablement pas pour les peindre comme on avait peint la pierre. C'est ce qui est arrivé à Sélinonte , non pas dans ces temples archaïques où l'art est encore grossier et primitif, mais dans le temple plus moderne, dont les sculptures annoncent déjà par leur beauté le commencement du siècle de Phidias.

Lorsqu'en i835 on détruisit la batterie qui s'élevait devant les Propylées, on trouva successivement de grosses plaques de marbre d'un peu plus d'un mètre de haut, entières ou en fragments, sur lesquelles étaient sculptées en relief des femmes ailées. Des trous de scellement montraient que ces plaques avaient dû être unies entre elles par les côtés et fixées, par en bas, sur quelque surface. La tranche supérieure, au contraire, percée de petits trous réguliers, supportait une grille de métal à laquelle la balustrade de marbre servait de soubassement. MM. Hansen et Schaubert, à qui revient l'honneur d'avoir découvert et relevé le temple de la Victoire, remarquèrent au bord de la terrasse , sur les dalles de marbre, une rainure d'un poli et d'une couleur différente; sa largeur correspond exactement à la largeur des plaques dans lesquelles les bas-reliefs sont taillés comme dans des cadres. Il y avait , en outre, des traces de scellement, et, comme ce côté de .la terrasse est précisément celui qui domine l'escalier des Propylées, ils ont conclu avec raison

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