‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 69 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qu'il y avait là une balustrade formée pair une série de sculptures qui regardaient l'entrée de l'Acropole et lui servaient de magnifique décoration.

Plus tard, on a découvert des fragments du même genre, dont un, surtout, est assez complet et d'une grande beauté. J'ai moi-même trouvé, dans mes fouilles, trois morceaux d'une nouvelle Victoire, un pied, une draperie, une aile ; le bras d'une autre Victoire qui tient un bouclier ; le torse d'une troisième dont les deux mains semblent avoir porté ou présenté quelque objet. Tous ces fragments sont réunis clans la cella même du petit temple. C'est là que cette troupe charmante attend que la main d'un artiste la restaure et lui redonne la vie.

Sur la plaque la plus considéral)le , on voit un taureau qui se cabre. Une Victoire, qui le masque en partie, le retient avec effort; ses jambes sont écartées ; le corps se rejette en arrière comme pour résister à l'impétuosité de l'animal, qui l'entraine à demi. En avant de ce groupe, une autre Victoire s'élance vivement : son bras gauche est levé en signe de triomphe, ses ailes sont étendues , ses draperies sont agitées par la rapidité de ses mouvements : on dirait qu'elle va prendre son vol.

1^ même sujet se retrouve sur deux bas-reliefs, à Rome et à Florence. Celui de Florence, surtout, est une copie manifeste : seulement je ite me rappelle pas si les femmes ont ou non des ailes ; au

Vatican , elles n'en ont pas. Lorsque ces représentations étaient ainsi détachées, on ne pouvait y voir autre chose qu'une victime destinée au sacrifice qui s'écliappe, et deux prétresses ou deux figures allégoriques, dont l'une s'efforce de la retenir, tandis que l'autre s'enfuit effrayée. A Athènes, au contraire, à côté du temple de la Victoire, le sujet devient plus précis ; que ce soit le taureau de Crète ou le taureau de Marathon, ce sera toujours un triomphe remporté par un héros athénien , et l'on ne comprend pas pourquoi la peinture allégorique de ce triomphe marquerait la fuite et l'effroi. Du reste , le mouvement de la Victoire qui précède le taureau, son élan résolu, la hardiesse et les jets de sa draperie, trahissent plutôt l'ardeur que la crainte, et j'y vois plus volontiers un être immortel qui part pour annoncer une nouvelle glorieuse qu'une femme qui fuit devant un danger.

On remarque, k la ceinture des Victoires, deux petits trous destinés à recevoir des ornements de métal.

Quelque justement admiré que soit ce bas-relief, la pose un peu théâtrale de la première Victoire, ses draperies tourmentées, trahissent une prétention à Teffet qui ne laisse point Tesprit complètement satisfait. Il y a de la. tournure, et le style est hardi, mais aux dépens de la. simplicité.

I^ second cadre, dont il ne reste que la moitié.

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