CHAPITRE IX
deur. Il a voulu traduire celte illusion sur le marbre. — Eh bien! il a admirablement réussi. Dès lors, la recherche est devenue un art infini et une grâce idéale. Ce n'est plus la grande école de Phidias; mais la beauté n a-t-elle qu'un principe et qu'un moule, dans la nature comme dans l'art ? Après la Vénus de Milo, la Vénus de Médicis n'est-elle jws aussi un chef-d'œuvre ?
La tête de la Victoire à la Sandale a été brisée. Au-dessus du cou, on voit peintes en rouge sur le fond uni deux ou trois petites boucles de cheveux. Quelque partisan que je sois de la couleur, quelque persuadé de l'existence de la couleur sur la chevelure de certains antiques* j'ai toujours tenu pour suspectes ces traces si nettes et si spirituellement placées. La couleur antique , appliquée à l'encaustique sur les surfaces lisses, forme un enduit , une croûte légère : c'est ainsi qu'on la retrouve constamment. Ici, au contraire, il n'y a qu'un coup de pinceau rapide, une teinte passée sur le marbre , inégale et laissant dans répaisseur même de la ligne des parties blanches. Je ne critique point le dessin, par égard pour son auteur encore vivant , peut-être. Mais n'est-ce pas un prodige , quand les couleurs des autres bas-reliefs et du temple tout entier ont diparu, qu'il soit resté en un seul endroit lisse , c'est-à-dire plus exposé qu'un autre, non pas quelques points,
> Les filles de Balbus avaient les cheveux dorés ; la Vénus de Modîcî:» les avait peints en rouge.
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non pas quelques parcelles colorées , mais des trails suivis, précis, que vingt-quatre siècles n'ont pas altérés? MM. Ross, Scliaubert et Hansen , qui découvrirent eux-mêmes ce bas-relief, dans la description ' qu'ils en donnent, ne parlent pas de cette couleur si visible; eux pourtant qui regrettent de n'en avoir trouvé ni sur le temple, ni sur la frise, qui soht des partisans si convaincus de la polychromie, et qui en o;ît cherché minutieusement la preuve sur chaque pierre du monument. Ceux qui assistèrent aux fouilles » ne la remarquèrent pas davantage. Lorsqu'un fragment est mis au jour, l'action de l'air fait disparaître, d'ordinaire, les couleurs que l'humidité de la terre avait conservées. Il serait assez étrange qu'elle fit revivre celles qui avaient disparu.
Une quatrième Victoire, moins complète que les autres, se présente de profil, et rappelle, par sa pose, lo Victoire des monnaies béotiennes. Droite et calme, elle étend son bras mutilé comme si elle avait présenté une couronne. Un voile l^ger, mais chaste, dessine ses formes pleines de fermeté. Les plis tournent sur la hanche, serrés entre les deux jambes, dont Tune fléchit gracieusement. Il y a dans cette sculp-
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' M. Pittakis , conservateur des antiquités d* Athènes , qui ignore, du reste, quand cette peinture parut pour la première fois. Il est bon de faire remarquer que les artistes de tous les pays passent des journées entières , des mois , dans l'Acropole , dessinant , peignant « mesurant les ruines à leur aise. Les sculptures ne sont point enfermées , mais réunies dans la cella ouverte et toujours accessible du petit temple.