CHAPITRE IX
iiienl celte partie de l'Acropole, mais qu'il l'orna. Enfin, l'examen du temple lui-même fournit encore quelques indices. La frise rappelle la frise orientale du temple de Thësëe , par son style, par son fort relief et par certaines parties de la composition qui sont presque semblables. Or, l'on attribue avec raison à Cimon la construction du temple de Thësée. On retrouve au-dessus du pronaos ces figures debout ou assises, aux poses calmes, aux belles draperies, ces groupes de combattants, si animés au contraire, que Ton admire sur l'entablement du temple de la Victoire. D'en bas, les sculptures du temple de Thésée, noircies et mutilées, se distinguent mal; mais, de près , on est frappé de leur beauté et de leur air de famille. Cette perfection n'a rien d'étonnant, puisque Gmon ne précéda Périclès que de quelques années. Je me suis toujours figuré reconnaître dans ces dçux ouvrages la même école, j'allais dire la même main.
Pour le caractère de l'architecture, la conformité du temple de la Victoire avec Tordre intérieur des Propylées m'inspirerait de grands scrupules , si je ne voyais le dorique du temple de Thésée reproduit minutieusement par le dorique du Parthénon. Il est naturel que, dans l'ordre ionique également, les formes, les lignes, les moindres ornements, fussent fixés par la tradition. C'était à la recherche de l'idéal dans les proportions et de la perfection dans les détails que s'appliquaient la science et le génie des ar-
chitectes. Aussi distinguons-nous, avec raison, les époques de Tari dorique par réchelle des proportions, depuis la pesanteur jusqu'à la légèreté, et par les nuances des détails, depuis la rudesse jusqu'à une délicatesse efTéminée. Mais, si ces progrès sont faciles à suivre sur vingt-cinq à trente temples doriques qui restent encore en Grèce, en Sicile et en Grande- Grèce, iln'en est pas de même de Tordre ionique, qui a laissé peu de traces, et qu'Athènes seule offre à son apogée.
Faute de données, lanalogie pourrait faire croire les colonnes de la Victoire plus anciennes, parce que le rapport entre leur hauteur et leur diamètre est plus fort, les cannelures plus profondes, les caissons des plafonds trop petits et semblables à ceux du temple de Thésée. Le trait le plus décisif, c'est que le temple de la Victoire, quoique semblable à l'ionique des Propylées , en est bien loin par le sentiment et par le fini d'exécution.
La terrasse qui sert de soubassement au temple est en pierre; mais du côté des Propylées, elle se termine par une corniclie de marbre blanc ; et des trous régulièrement disposés sur trois rangs, dans toute la hauteur, servaient vraisemblablement à sceller le revêtement de marbre qui se raccordait avec la corniche. Peut-être aussi avait-on attaché à la muraille des armes, des trophées, souvenirs glorieux de différentes victoires.
Du côté de l'ouest, dans l'épaisseur du mur, deux