‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 89 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

des Athéniens, il laperçoit, et, trouvant une preuve nouvelle de ce qu'il avance, il oublie de décrire ce qui rentre si à propos dans le développement de sa pensée. Ck)mbien de fois ne lui arrive-t-il pas de ne nous indiquer un monument que par une réflexion? Ainsi autorisés à chercher les traces d'un temple sur la seconde terrasse , nous ne pouvons nous diriger que vers le plateau supérieur dont la surface est seule propre à recevoir un édifice. La partie septentrionale est à moitié occupée par une citerne moderne qui a détruit le sol antique. L'autre moitié est couverte de piédestaux très-importants dont il sera question tout à l'heure. La réunion des nombreuses assises qui les composaient prouve qu'ils sont restés , sauf un léger dérangement, à leur place antique. La partie méridionale du plateau est libre, au contraire. Dans l'angle sud-est, au-dessous du péribole du Parthénon, qui se recule, comme si on avait voulu, en le construisant, respecter un édifice plus ancien, on remarque un espace parfaitement aplani : quelques herbes et une mince couche de terre le recouvrent. Mais au milieu, de grandes dalles très-soigneusement ajustées' apparaissent à nu et suppléent au rocher, qui manque en cet endroit.

< Elles ne se continuent pas jusqu^à la citerne. Tai fait fouiller de ce côté en difTérents endroits, et j'ai trouvé, ou le rocher , ou de grands tambours de colonne mis au rebut lors de la construction du Parthénon, et disposés à plat, pour supporter le dallage, qui a disparu en partie.

J76 L'ACROPOLE D'ATHÊJNES.

Quelques assises reposent sur le sol : les unes, en tuf, appartiennent au péribole du Parthénon , et sont tombées du mur; les autres, en pierre calcaire, d une dimension plus grande, ont formé les substructions d'un édifice. Sont-ce les restes du temple de Minerve Ergané? Est-ce l'emplacement du temple? On ne peut rien affirmer avec certitude. Mais, de même que pour Diane Brauronia, la vue des lieux a quelque chose d assez persuasif. Il faut ajouter, du reste, qu'il n'y a de place que pour un petit temple : ce serait un argument de plus. Voisin du mur du sud, il était aperçu de la ville basse, comme tous les monuments de ce côté de l'Acropole, qui semblent avoir été placés ainsi à dessein.

Dans le même endroit on a trouvé en iSSg la base d'une statue de Minerve Ergané. Cette découverte n'aurait rien de décisif, si Ton ne pouvait y joindre quatre dédicaces du même genre *.

Devant la citerne, qui occupe le sommet du plateau, on voit un certain nombre de dés en marbre dont les dimensions et le travail sont semblables. Les uns , en marbre pentélique , portent des inscriptions où les mêmes caractères et les mêmes noms se retrouvent. Les autres, en marbre de l'Hymette, sont complètement lisses. Us servaient de soubassement

' Trois de ces ÎDScriptions, transportées dans le Musée des Pro* pylées, doivent élre rapportées à Tenceinte de Minerve Ergané. Ce sont des fragments où on Ut distinctement le nom d'Ergané. (Voy. le Voyage archéol, de Le Bas, Inscriptions, tom. I**", n** a5, a6, 27.)

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