CHAPITRE Xlll
niens ne manquait jamais de rendre indistinctement les mêmes honneurs. Je ne passerai cependant pas ^sous silence un Gaulois, Quintiis Trébellius Rufus, né à Toulouse. U fut grand prêtre à Narbonne , consul à Rome, archonte éponyme à Athènes. Certes, on s'attend peu à trouver le nom de Toulouse entre les Propylées et le Parthénon.
Enfin ^ il serait oiseux de citer une chouette colossale en marbre , que Ton a déposée depuis dans Tinteneur du Parthénon , si elle ne répondait à l'indication d'un grammairien ancien. Hésjcliiiis rapporte qu'un certain Phaedrus avait consacré une chouette dans l'Acropole, idée bizarre, qui rappelle le proverbe ancien : Porter des chouettes à Athènes, c'est-à-dire de l'eau à la rivière.
La secoiide moitié de la voie- principale commence à la hauteur du temple de Minerve et s'avance sur un plateau uni qui occupe le sommet de TAcropole. I^ s'élèvent, d'un côté, le Parthénon, de l'autre, l'Erechthéion. La route passait entre les deux monuments; mais les fouilles ne l'ont point encore découverte. Le plus grand obstacle , ce sont les énormes fragments du Parthénon , accumulés dans toute cette partie. On ignore donc encore jusqu'où s'avançait de chaque côté le péribole des deux temples , comment leur enceinte était fermée , si le sol est simplement le rocher aplani, ou s'il a fallu suppléer à ses inégalités. On ne saurait non plus décider si , parmi les objets qu'ont découverts des fouilles partielles ,
192 L'ACROPOLE D'ATUÈNES.
il en est qui aient décoré la voie principale entre les deux enceintes , puisque la ligne de déiftarcation est inconnue. Je me contenterai de les diviser en deux catégories : ceux qu'on a trouvés au sud de rÉrechthéion , ceux qu'on a trouvés au nord du Parthénon. La plupart, en effet, par la nature même des inscriptions , se rapportent à Tun ou à l'autre édifice. Pausanias n'est ici d'aucun secours, puisque, dans sa regrettable précipitation, il ne cite que quatre statues , voisines , comme nous le verrons un peu plus bas , de la façade orientale du Parthénon.
On aperçoit d'abord, avant d'arriver à rÉrechthéion , un siège en marbre sur lequel est gravé le nom du prêtre Butes. Sa forme est très-élégante; ses quatre faces, concaves et rehaussées par des bandes en saillie, sont d'une grande distinction. Était-ce une offrande? Était-ce le siège qui servait aux Butades? Avait-on refait, après l'incendie de rÉrechthéion , le siège de Butés , premier prêtre de Neptune?
Un peu plus loin , un tronc de cheval , de grandeur naturelle , rappelle le titre d'Hippia , donné à Minerve, et la plus vieille fable de l'Attique. C'est encore dans l'enceinte qu'il faut évidemment placer la statue élevée à Neptune-Érechthée par Épitélès et QEnocharès, fils de Sœnautès de Pergase, elles deux statues de Minerve Polîade, consacrées, l'une par le fils d'ApoUodore , du dème de Phréar, l'autre