IG
L'escalier présente deux nuances nouvelles : le gris du ciel et le bleu pâle des corolles (pi. VIII). J'ai déjà fait remarquer combien il était difficile d'harmoniser un bleuet un jaune intenses. La même observation s'applique à deux bleus. La difficulté fut tournée en additionnant le bleu turquoise du ciel d'une pointe de rouge et de jaune et en opalisant le bleu des corolles. Du rapprochement de tons, qui séparés seraient inertes, naît un ensemble d'une richesse et d'une harmonie dont les tapis persans peuvent seuls donner une idée.
Puisque j'en viens à parler de tapis, je citerai de nouveau (p. 303 et pi. X) ce
iiG. 199. — nEMr-coLON\E (fouilles de suse)
7 \yf. '/^/^-/^f
F[G. 200. — DEMI-COLONNE (FOUILLES DE SUSe).
ravissant carreau de faïence qui reproduit certainement une combinaison favorite des vieux tisserands iraniens. Grâce à cet échantillon heureusement très bien conservé, on peut avoir à deux mille trois cents ans de distance la sensation très franche des tapis que foulaient les princes achéménides. De cette brique comme des précédentes, les bleus violents sont exclus à cause du voisinage des triangles jaunes et remplacés par des gris de lin et des bleus neutres et foncés; les teintes isolées sont sourdes et tristes, tandis que juxtaposées elles concourent à un merveilleux ensemble. Je ne sais si aucun peuple l'a jamais emporté sur les Iraniens, dans cet art si délicat et si rare de tirer la beauté des matériaux vulgaires et des nuances effacées. La terre, le pisé, les briques amenées à divers états de