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MOBILIER DE L'vVPADANA.
chéneau, très apparente sur les façades rupestres des tombeaux, était habillée d'une feuille de cuivre dorée à l'extérieur. Ce renseignement, fourni par Diodore', me paraît exact et je l'ai utilisé dans la restauration de la salle du trône.
De grandes pièces d'eau ', où se reflétaient les arbres et les fleurs groupés dans ces paradis aux lignes régulières si chers aux Perses ^ précédaient l'apadâna;
TUILES DE LA TERKASSE DE l'aI'ADANA. (FOUILLES DE SUSE.)
des tapis merveilleux, des tentures peintes à l'aiguille* (p. 303, pi. X) couvraient en partie le sol et les lambris des murailles; des vases, des coupes d'or^, des
i. Diodore de Sicile, liv. XV, S 20.
2. Dans un pays sans fleuve, où Toau ne se conquiert qu'au prix d'immenses efforts, s'entourer de vastes bassins fut toujours un luxe princier. Tous les palais modernes sont précédés de pièces d'eau comprises dans des bordures de faïences vertes ou bleues. On aperçoit un bassin à l'extrême droite du panorama de Persépolis, au-dessous du portique des taureaux (Dieul., Art. ant. de la Perse, t. II, pi. VIII à XI) ; j'en puis citer un autre devant le palais antique de Firouz-Abàd (Dieul., l. c, t. IV, pi. XI et XII).
3. La Bible parle des jardins qui précédaient la salle du trône d'Assuérus (p. 366). Xénoplion décrit les parcs merveilleux de Cyrus à Sardes (Emnomiques, IV, 20 à 22) et de Pharnabaze à Daskylion [Hcllniiqucs, IV, § I, l!j, 16). Plutarque {Artaxerxès, XXV) parle d'un parc royal situé dans la Médie septentrionale. Les jardins suspendus de Babylone (Strabon, XVI, § I, .*>), construits, si l'on en croit la légende, pour charmer les ennuis d'une princesse perse (Diod. de Sicile. II, § 10; Quinte Curce, V, § 1 ; Josèphe, Ant. juives, X, § 11, et contre Apion, I, § 19), le culte de Darius pour les arbres (Deschamps, Bulletin de la Correspondance hellénique, janv. 189(i), l'émotion de Xerxès devant un beau platane (Hérod., VII, § 31), l'amour d'Artaxerxès pour les vergers, et les faveurs qu'il accordait aux habiles jardiniers (Elien, I, § 33) prouvent à quel point les rois de Perse prisaient les paradis qui environnaient leurs demeures. J'ajouterai que la religion avestique est essentiellement agricole et que de nos jours les jardiniers persans sont presque tous mazdéens.
4. M. Mtintz, qui s'est occupé, dans un ouvrage excellent (la Tapisserie, 4" édition), de l'histoire des tapis et des tentures (p. 21 et 22), montre par le témoignage unanime des auteurs anciens en quelle estime l'antiquité tenait les tapis et les étoffes brodées de la Perse. Outre Philostrate, Philostrate l'Ancien, Lucrèce, Plante, Silius Italiens, Martial, Pline, cités par M. Muntz, la Bible (p. 366), Hérodote (VII, § 100), Plutarque (Alexandre, §68) décrivent ces tableaux peints à l'aiguille où se trouvaient reproduits soit les épisodes des grandes guerres, soit des scènes mythologiques ou des monstres, analogues à ceux que traitaient les sculpteurs sur les bas-reliefs et sur les cylindres. Broderies exécutées avec les merveilleuses laines du Kirman et des fils d'or et d'argent, soit même uniquement tissées d'or de diverses nuances.
Lorsque les guerres contre les Parthes eurent fait connaître et mis à la mode les étoffes et les tapis perses, les riches Romains les achetèrent à des prix qui donnent la mesure de leur beauté. Quelques tentures furent payées 4 millions de sesterces (près de i million de francs, en poids). Il faut dire que c'est Néron qui en resta acquéreur. Mais avant lui Metellus Scipion n'avait pas craint de dépenser 800 000 sesterces, soit 200000 francs, dans le même but (Pline, Hist. nat., liv. VIII).
9. Il était dans les habitudes des rois de Perse de transformer en grandes pièces d'orfèvrerie l'impôt payé en lingots d'or et d'argent. Les auteurs classiques (Hérodote, IX, § 70, 80, 83; Xénophon, Cyrop., t. VIII, 18; Stra-
statues rapportées de rilellade ou sculptées à Suse par des artistes grecs à la solde des grands rois (p. 297, note 3 et 4), un dais merveilleux dont les bas-reliefs de Persépolis ont conservé le dessin' peuplaient l'immensité de la salle -.
On peut reconstituer à l'aide de dessins et de reliefs le corps inanimé des palais où défdèrent émerveillés les ambassadeurs de tous les États de l'Hellade, mais il faut interroger les témoins de ces splendeurs à jamais évanouies si l'on veut comprendre l'àme qui les vivifiait'.