CHAPITRE XII
Étude métrologique de l'apadàna. — Les dimensions sont entre elles dans le rapport des chiffres 3, 4, 5 et des chiffres 6 et 7. — Traduction géométrique de ces rapports. — Epure de l'apadàna et des principaux membres de l'édiflce. — Conclusion.
L'étude de la fortification de l'acropole susienne et des palais du Fars (Note métrologique, p. 251 à 262, p. 356 et note 1 et ////., p. il i, note 2)* ont montré
bon, XV, § III, 19 et 21 ; Plutarque, Alex., XXVII et XXXVI; Elien, I, § 33) décrivent ces cratères immenses, ces lékythes, ces amphores d'or massif tombées aux mains des Grecs après leur succès. Nous savons même que nombre de statues étaient martelées dans des feuilles d'or : témoin celle d'Artistone, fille de Cyrus et femme de Darius (Hérodote, VII, § 69).
1. Le trône et le dais dont les bas-reliefs de Persépolis donnent l'exacte reproduction (tîg. 186 ; on trouvera une bonne photographie de ce bas-relief dans mon ouvrage l'Art ant. de la Perse, t. III, pi. XIX) étaient célèbres dans l'antiquité. Du trône je ne dirai rien, sinon qu'il reproduisait en or un modèle de style grec. Le dais était d'étoffe d'or brodé et rebrodé d'or (Hérod., VII, § 100; Plut., Alex.,^ 68.Philostrale l'Ancien; une paierie antique de soixante-quatre tableaux. Traduction Bougot, p. 493).
2. Bien avant que l'étude des palais persépolitains et les découvertes de Suse eussent révélé la magnificence des palais élevés par les Achéménides, les historiens grecs et la Bible (livre d'Esther, voir infrà, § XIII) avaient décrit les merveilles de la cour des Grands Rois. Les Grecs surtout semblaient frappés de stupeur. Eschyle (Perses, l'àd) se représenle les palais de Suse comme revêtus d'or ; de même l'auteur du Traité du Monde (Pseudo- Aristote, TtEpi lUcaou, VI), de même Philostrate (Imaycs, II, 31 : Tliémistocle), de même les auteurs déjà cités (p. 343, notes 3, 4, 3).
Considérez les butins énormes laissés aux mains des Grecs après chaque bataille (Hérod., IX, § 70, 80, 81, 83 ; Plutarque, Alex., XXVII, XXXVI), les richesses découvertes dans les capitales de la Perse (Plut., Alex., XLVIII, LXVIl, LXVIII, Artax., XXXIII), relisez les récits faits par Strabon d'après les généraux d'Alexandre (XV, g III, 6, 9, 18, 21, 22, 23) et les historiens de la décadence, évaluez les cadeaux offerts au plus modeste ambassadeur, au dernier suppliant (Plut., Thémistocle, LU; Artax., XXVI; Elien, I, § 22, 32, 33). L "or ruisselle sur les habits, sur les tentures, sur les tapis, s'accroche aux armes, se façonne en cent meubles divers; les perles, les gemmes étincellent sur les vêtements, sur les coiffures, sur les épées et les cuirasses. Tel poignard de Mardonius conservé en Grèce est estimé 300 dariques (400Û0 fr. de notre monnaie; Saglio, Dict., article Assinax). L'armure de Masiste, le général qui commandait la cavalerie perse à Platée, est en or fin (Hérod., IX, S 20 et 22). Et ce n'est pas la seule valeur du métal qui donne du prix à ces objets. Ces rois qui préféraient à l'or de la Grèce ses inimitables chefsd'œuvre favorisaient les écoles d'où sortaient les architectes et les sculpteurs auxquels on doit les palais dont on vient de suivre la description, les graveurs des intailles qui seront bientôt étudiées, le ciseleur de « cette cassette merveilleuse trouvée parmi la dépouille des Perses » et qu'.\lexandre avait estimée seule digne de renfermer c( la fameuse dwrthose ou révision des poésies d'Homère, dite de la cassette, et due à la collaboration du conquérant, de Callisthène et d'Anasarque » (Strabon, XIII, S 1, 27).
3. On trouvera dans le roman de Pai/rsatis (Jane Dieulafoy, Lemerre, édit., 1890), outre une description de l'apadàna, une suite de tableaux où sont dépeints la vie intime, l'existence officielle, les mœurs politiques et les coutumes religieuses des monarques et des reines achéménides. Tous les faits, toutes les cérémonies ont été sévèrement contrôlés et reposent tous sur des documents d'une indiscutable authenticité.
4. Les monuments voûtés du Fars sont contemporains des derniers Achéménides ou des Séleucides [Art ant. de la Perse, vol. IV, p. 73). Je suis arrivé à cette conclusion après une étude attentive des procédés de construction, du style des ornements, de la géographie et de l'histoire du Fars, et des monuments voûtés similaires bâtis en .Syrie et en Palestine. Je ferai donc remonter la construction du plus moderne au m' siècle av. J.-C. MM. Perrot et Chipiez, sans contester aucune des raisons très probantes que j'invoque, et sans avoir vu les monuments, déclarent d'abord que les édilices du Fars sont relativement modernes el, pour conclure, leur assignent comme
RESTAURATION DE L AHADANA D ARTAXERXES MNEMON