‹ L'Acropole de Suse (volume 2)Chapitre 79 sur 124 · Début du Yechl de Haôma · texte numérisé non relu

Début du Yechl de Haôma

3. Sfidder, LXIX, où la défense est faite en toutes lettres. Cette détense ne s'applique pas en réalité au contact du Feu et des rayons solaires. On s'est arrêté à cette formule nette et claire pour s'assurer que ni le vent ni la pluie ne mettrait en péril la vie ou la pureté du feu sacré.

4. Je ne fais que transcrire, fip. 238, le plan d'Anquetil-Duperron. Le dàdgàh d'Aden, beaucoup moins important, se compose de deux corps de bâtiment compris dans un jardin. Le [ireraier est réservé auxlidèles; le second.

Le dâdgâh (fig. 238) se compose de deux parties bien distinctes : Vizec/mè khanè (maison de prière) et Vatechgâh (lieu du fou).

1° Vizeclinè khanè. où les prêtres lisent le Yaçna et le Vendiddd et offrent des sacrifices symboliques ayant quelques analogies avec celui de la messe (p. 416, note 1), comporte, outre Vavcmd, grande piscine contenant l'eau des purifications (fig. 282), deux autels, trois tables et Varviç. Sur l'un des autels reposent les vases sacrés, sur l'autre le feu nécessaire à la célébration du culte, qu'il faut se garder de confondre avec le feu éternel et divin (p. 392, notes 1 et 2, et 390, note 2). Les tables sont affectées au bois, aux parfums; Varviç est une pierre où sont déposées les offrandes, consistant en eau bénite {z(wthrd)^ petits pains ronds de la grandeur d'une hostie {d)'aonas), lait de vache, tiges de haôma, grenades et dattes. L'arviç est placé dans une sorte de retraite, nommée arviçgdh, en communication directe avec l'izechnè

FIG. 241. — ATtCllllA\ I:N CALCAir.E N U M M U Ll T 1 Q U E. ( KO L H. L E S DE SUSE.)

khanè, dont il est une des parties essentielles. L'izechnè khanè est lui-même percé de larges portes tenues grandes ouvertes pendant la durée des offices. Les fidèles exempts de souillures y sont tous admis, bien que d'habitude ils prient dans une cour protégée par un vélum.

2° h' atech g dh on sanctuaire du Feu est au contraire rigoureusement clos. Seuls les prêtres qui viennent d'accomplir les rites purifiants y peuvent pénétrer aux cinq gdhs du jour, et encore doivent-ils être nu-pieds, sans manteau — afin de ne porter du dehors aucune poussière contaminée, — la bouche couverte du j^tfif'ddna^ les mains enfermées dans les dastams (p. 393, note 5) ' pour éviter au Feu et au bois lui-même toute souillure sacrilège.

Au centre de Vatechgdh brûle dans Vatecliddn le feu Bahràm (p. 392, notes 2 et 3); dans plusieurs niches s'emmagasinent des branches sèches et écorcées d'essences spécifiées dans les livres saints et destinées, suivant des prescriptions rituelles

qui lui fait face, comprend dans un rez-de-chaussée surélevé et largement ouvert rizeclinè klianè et l'arviegàh, tandis qu'une cave sans soupirail apparent sert d'atecligàh. I.e mobed qui me servait de cicérone parlait le persan avec beaucoup de diflicnUé. Je crois pourtant avoir bien saisi ses explications.

1. Cette prescription doit être fort ancienne, car les gants étaient connus des Perses à l'époque des Achéniénides, ainsi que l'atteste Xénophon (Cyrop., I. VUI, § vui, 10).

DESCRIPTION DE L'ÂTECHD.\N ET DE L'ADOCHT.

fort anciennes et fort rigoureuses, à Tentretien de l'atechdàn'. J'ajouterai que le Feu, rechargé aux cinq gâks du jour, brûle lentement, presque sans flamme et dégage si peu de fumée et de gaz toxiques qu'il est parfois enfermé dans une cave au-dessous de l'izechnè khanô(p. 395, note 5). Quant à l'atechdàn, le pyrée des auteurs classiques, dont on se fait souvent une idée fausse, c'est une urne ou un bassin de pierre ou de métal muni de solides anneaux, fort analogue aux brasiers en usage dans le Midi (fig. 239 à 24;), pi. XJV, p. 897, note 1). Mais un vase qui avoisine de très près l'élément divin risquerait, s'il portait directement sur le sol, de compromettre sa pureté au contact de poussières peut-être contaminées. On l'isole donc au moyen d'une dalle de pierre carrée d'un demi-pied d'épaisseur et désignée sous le nom cVadoc/it. L'adocht est aussi indispensable dans la liturgie mazdéenne que la pierre sacrée dans la liturgie catholique. Le support de l'adocht n'a d'autre rôle que de placer l'atechdàn bien à portée du prêtre chargé de l'entretien du Feu. Il est bas et affecte indifféremment, au temps des Achéménides, des Sassanides et de nos jours, la forme prismatique, cylindrique, d'un piédouche ou d'un socle".

Les livres saints qui parlent du ddityâgdtous^ ancêtre du dàdgàh moderne (p. 399, note 1), ne décrivent pas spécialement l'atechdàn. Cette lacune a été heureusement comblée par les fouilles de Suso. La similitude des atechdàns découverts parmi les ruines (fig. 241 et pi. XVI) avec les atechdàns modernes (fig. 239 et 240), et avec ceux dont l'image est reproduite sur les bas-reliefs (fig. 237), les médailles (fig. 242) et les sceaux antiques (fig. 243) m'eût été un sûr garant de leur identification si le mobed de l'une des paroisses zoroastriennes de Bombay ne l'eût signalée à mon atten-

FIG. 242. — ATECHDàN SASSA- MDE DAPr.È S UNE MONNAIE.

(fouilles BE SUSE.) (')

{') A droite et à gauche de l'atccfidùn peiulont les amicaux; autour du fût formant le support de l'adocbt, s'euroule un kosti.

t. Étant donnée la ferme croyance des mazdéens en la divinité du feu Bahràm (p. 302, note 3), on conçoit avec quelle attention ils veillent sur l'édifice qui le renferme et sur la pureté du bois qui l'alimente. Il sera parlé plus tard (p. 398 et 3'Ji), note 1) ou il a été parlé (p. 392 à 39o) de quelques-unes des précautions prises pour assurer sa perpétuité ou le préserver de toute profanation. Les lois religieuses relatives aux feux et aux bois qu'ils doivent consumer occupent près de 100 faryards (Vendidad, fargard V, 123 à 145; farg. VIII, H à 17, 40 à 63, 246 à 270; farg. IX, 10, 12, 134 à 14o; farg. XVIII, 43 à oO, 5o à 63, 142 à 144) et ont toutes une sanction très sévère. Il suffit d'employer un bois illicite pour être anathématisé {Yeclit, XIV, § S4 et 55).

2. L'atechdàn représenté sur les lias-reliefs achéménides et les monnaies sassanides se compose d'un vase rond ou carré en forme de prisme ou de cylindre. Les anneaux servant à le manier sont souvent très apparents {llg. 242). Sur une pierre gravée découverte à Suse ((ig. 243), il affecte l'aspect d'une coupe. Ce dernier modèle élait sans doute très usuel, car les fouilles en ont fourni trois exemplaires : l'un en calcaire à nummulite poli très élégant (fig. 241), les deux autres en marbre noir, beaucoup plus grossiers. Quant aux atechdàns en faïence reproduits planche XVI, ce sont des réductions que les familles pieuses conservaient dans leur domicile. L'un d'eux orné de disques parait l'exacte reproduction des grands atechdàns frappes sur quelques monnaies sassanides. Les ateclidùns utilisés dans les sacrifices et -dont le rôle est absolument différent de celui de l'atechdàn qui contient le feu Raliràm (p. 299, note 1) sont de taille quelconque et très portatifs. Quand les Sassanides substituèrent un cippe de colonne (fig. 242, 243, 245) au support plus massif en usage avant eux (fig. 237), ils durent consolider l'atechdàn au moyen de pieds de bronze, qui apparaissent souvent sur les médailles et sur les intailles (fig. 243), ornèrent le vase de marguerites, décorèrent le cippe soit d'un diadème, soit d'un mdhrou (p. 398, note 1) et l'entourèrent d'un hosil (p. 398, note 2, et fig. 245), ainsi qu'en témoignent les représentations des pyrés frappés sur les monnaies (fig. 242).

riG. 24S. — *TECHdan sassamdk.

(fouilles de

SUSP.)

tion, on même tom|)s que les vases destinés à l'eau bénite (pi. XVI, fig. 2) et aux offrandes consacrées, les mahrnus\ les kostis '-, les cuillères à fjômaz ou gâMéza\ etc. .le me suis étendu sur le culte du Feu, sur la description de l'atechdàn et de l'adocht afin de bien montrer que depuis les temps antiques jusqu'à nos jours les pratiques de ce culte ne semblent pas s'être modifiées. La coutume de n'employer que des tiges minces, écorcées, très sèches, de laisser le feu Bahrâm à l'état de brasier, les précautions minutieuses prises par les prêtres quand ils s'approchent de cette divinité, les peines prononcées contre les sacrilèges qui attenteraient à sa pureté, l'exacte fermeture de l'atechdàn, aussi bien attestées par la liturgie moderne que par les prescriptions avestiques (voy. p. 397, note I), étaient connues d'Hérodote, de Strabon (p. 292, note 3) ou de Pausanias (p. 394,

note 1). C'était donc un devoir rigoureux pour le clergé mazdéen, aussi bien à l'époque des Achéménides que dans les périodes plus récentes, de cacher le pyrée au centre d'une pièce inaccessible, loin des Zendiks ou môme de l'homme et de la femme en état d'impureté passagère (p. 395, note 1 , et p. 399, note 1), à l'abri de toute souillure humide, qu'elle vienne du bois à brûler (p. 397, note 1), de la bouche, de mains en sueur (p. 393, note 5), de l'oiseau dans les airs, de la pluie dans le ciel. On conçoit maintenant la raison de ces chambi-es fermées, de ces bois minces et secs, de ces brasiers à peine incandescents brûlant presque sans flamme, sans fumée, sans chaleur, sans dégager, au moins en proportion nuisible, des gaz délétères. Pour défendre le feu Bahrâm contre les intempéries atmosphériques et les contacts sacrilèges, il fallait le faire

1. Les mdhrous (figure de la lune) (Yuçna, III, 1) sont des croissants servant à poser le ban-om (p. 393, note 2). Assemblés entre eux, ils s'unissent dans des combinaisons nombreuses reproduites sur les pierres gravées sassanides (lig. 300 à 361). J'ai terminé par des màhrous les supports métalliques de l'atechdàn (fig.24o) afin d'utiliser d'une manière rationnelle les tiges qui dépassent le vase sacré sur de très nombreuses représentations (voir notamment lig. 243).

2. Le kosti (Yacna, IX, 81) est la ceinture symbolique qui ceint les reins de tout mazdéen ((ig. 300).

3. Le gâméM (urine de vache. - Karg. V,"d49; VII, 3.Ï ; VIII, 115 et 118; etc.), auquel on peut dans certains cas substituer l'urine de ceu.x ou de celles qui ont épousé des parents au premier degré (Farg. VIII, 32 ;i 37), entre avec le znir ou zaothm (eau bénite. — Vhpered, II, 2 ; V, 8; etc.) dans la composition du liquide purifiant. Ajoutons que le gùméza, aujourd'hui surtout, est employé dans des proportions homéopathiques. On trouvera dans l'inventaire une cuillère à gùméza (Hg. 289) et un petit vase de verre ou compte-goulles destiné à le doser (fig. 297).

Atechdàn

Adorlit

FIG. 244. — HESTAinATION DE l'aTECHDAN CI-DESSUS d'aPKÈS LES MONUMENTS DÉ COU VEUT S (fIG. 541 et 213;.

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