‹ L'Acropole de SuseChapitre 100 sur 171 · COUVERT ET OBSTACLE · texte numérisé non relu

COUVERT ET OBSTACLE

ladc. Il forçait les assaillants, pendant qu'ils dévalaient le long de la contrescarpe ou i-emontaient l'escarpe, à braver longtemps et sans défense les projectiles de la place.

Le mur par sa hauteur, et le fossé par sa profondeur et sa largeur constituent V obstacle.

Le couvert, dont le rôle est très secondaire dans l'antiquité, se réduit au parapet.

piG. 55. — JCROPOI-E DE susE ' (i.iVARD, Monuments).

Dès que l'enceinte eut acquis assez de solidité pour braver les insultes des ennemis, l'assaillant dut se préoccuper de la franchir ou de la ruiner.

Dès lors naquit l'art de conduire les attaques, de construii'c des engins <le

siège.

Dès le dixième siècle avant notre ère, l'assiégeant disposait de la mine, de la sape et du bélier pour renverser les ouvrages; de la tour, de Vof/yer et de

1. Ce plan est eslrèmement précieux parce qiril leproduit sans doute l'Acropole de Suse ou une loileres^e élamile très analogue. Le fossé rempli d'eau courante environne les ouvrages; à gauche, sur un tunuilus hémisphérique, la citadelle {sup., p. 134, et inf., p. 226) ; en haut et à droite, le tumulus de l'est. Le soubassement de l'apadàna fait défaut, mais à mon avis il est d'une date beaucoup plus récente que le bus-relief et fut construit sous les Achéménides pour recevoir le nouvel apadàna d'Artaxerxès Mnémon.

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l'échcllo pour les assaillir; de différentes compositions pour enfumer les défenseurs ou brûler les portes et les hourds; de l'arc, de la fronde comme armes balistiques.

Quoi qu'on en ait dit, l'artillerie névrobalistique et l'artillerie à contrepoids étaient inconnues des Chaldéens, des Susiens, peut-être même des Perses à l'époque des premiers Achéménides '.

La guerre de mine paraît aussi ancienne que l'art de la fortification.

Si l'on en croit Josèphe, c'est par la mine que Saiil eut raison des forteresses amalécites -. .lob et Abisaï, son frère, mettent le siège devant Beth-Maacha qui avait donné asile à Séba insurgé contre la puissance de David, et réduisent la ville en creusant des chambres au-dessous des remparts ^

Les bas-reliefs assyriens représentent souvent des épisodes empruntés à la guerre souterraine (fig. 57, 65, 69, 94, 124).

Darius dut la prise de Milet * et de Soli '*, comme z\masis celle de Barca", aux courageux efforts des mineurs. Méandre, tyran de Samos, s'échappa de la ville assiégée par Otanès, en suivant un souterrain qui réunissait son palais à la mer '.

On conçoit, au reste, que les ingénieurs militaires se soient appliqués de bonne heure à cheminer en galerie vers les places assiégées, car la guerre de mine présentait d'immenses avantages.

Elle se fait à l'abri des projectiles de la place, elle laisse ignorer à la garnison le point d'attaque et terrorise les défenseurs, tant la pensée de disparaître dans un gouffre ouvert sous les pieds énerve les soldats les plus aguerris.

Quand l'ouvrage à renverser avait été choisi, les mineurs organisaient d'abord

I. Les li;is-reliefs assyriens, la Bible, Hérodote sont d'accord. De l'élude très consciencieuse des monuments et di s testes, il résulte que les Assyriens, les Hébreux et les Grecs, avant les guerres médiques, utilisaient le bélier, l'hélépole, les abris mobiles, mais pas une sculpture, pas une phrase, pas un mot n'autorisent à penser qu'ils coninissent les engins névrobalistiques ou à contrepoids. Le bas-i"elief (fig. 69), souvent invoqué en faveur de l'antiquité de l'artillerie, reproduit des tortues de mineur (p. 147;. Les Paralipomènes, également invoqués (II, § XXVI, la), sont écrits d'un accord unanime très peu d'années avant l'ère chrétienne. Le sculpteur assyrien se complaît dans la représentation des archers, des frondeurs et des engins de siège, les prophètes énumèrent tous les projectiles et toutes les machines que le Seigneur dans sa colère mettra aux mains des ministres de ses volontés, et jamais n'apparaissent les terribles oxybèles et les catapultes. (Isaïe, XXXVII, § 33. Jérémie, XXXIX, .ï 3. Ezéchiel, XXI, § 22: XXVI, S;? 2, 9. Xahoum, II, S 5.) Hérodote, aussi explicite que la Bible quand il s'agit des mines et des terrassements, des arcs et des frondes, est aussi muet au sujet de rartilleiie.

Peut-être l'aut-il croire Diodore de Sicile (II, § 27; XIV, g 41), qui attribue aux in^'énieurs syracusains l'invention des oxybèles et des lilhoboles. Il est certain qu'à dater de l'époque fixée par Diodore (400 av. J. -(].), le niim des machines de jet revient à satiété dans la description de tous les sièges.

i. Josèphe, Ant.jud., 1. VI, s; S.

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