GUERRE DE MINES
un retranchement solide, afin de cacher aux ennemis le point de départ de leurs travaux et de résister aux sorties ofTensives '.
A l'abri de ce retranchement, ils fonçaient un large puits, Icdescendaient jusqu au terrain résistant, entraient en galerie et poussaient le souterrain vers le rempart. Le développement de la galerie majeure était très variable ; son profd moyen présentait 1°',80 de hauteur sur l^jBO de largeur-. Ces dimensions sont encore usuelles.
Parvenu au-dessous de l'ouvrage qu'il devait ruiner, le mineur creusait une vaste chambre, ayant parfois 60 mètres de côté\ et substituait à la terre une charpente composée de madriers jointifs formant plafond, de sablières et de poteaux *. Les poteaux ne pouvaient guère dépasser une hauteur de 2 mètres sous peine de compromettre la solidité du plafond.
Les corvées remplissaient les espaces vides avec des fagots très légers enduits de bitume, d'huile ou de toute autre matière combustible, mettaient le feu et se retiraient '.
La combustion, quoique fort incomplète, attaquait les poteaux, les carbonisait, et dès que l'équilibre était rompu, l'ouvrage miné s'abîmait dans l'excavation, ouvrant une brèche que les sapeurs s'empressaient de rendre praticable et de porter, s'il se pouvait, à (30 mètres de largeur \
Les mines n'avaient pas toujours pour objet de ruiner un pan de mur. L'assaillant cherchait parfois à s'ouvrir un chemin souterrain vers le cœur de la place. Les Perses s'emparèrent ainsi de Gésarée la Grande'; Camille, de Véies^
Le succès de l'entreprise était toujours incertain, car il suffisait aux habitants de se mettre aux écoutes pour surprendre les projets des mineurs, mais la crainte de voir déboucher inopinément l'ennemi fatiguait la garnison, lui imposait une surveillance de tous les instants et distrayait son attention des travaux superficiels beaucoup plus dangereux.
A ces moyens d'attaques quels travaux opposait la défense?
A défaut des Asiatiques, les Grecs nous l'apprennent.
Les anciens se servaient, pour dépister les attaques souterraines, de coupes métalliques ou de boucliers d'airain, immenses stéthoscopes, qu'ils promenaient
i. Polybe est très explicite à ce sujet (Siège de la citadelle de Tarente par Anniiul, ). Vlll, 5; 12. Siège d'Égine par Philippe, 1. IX, § l.ï). Comme la guerre de mine n"a pas varié depuis les temps antiques jusqu'à l'invention de la poudre, les descriiitions des historiens de l'antiquité et même du moyen âge s'appliquent aux sièges conduits par les Hébreux, les Assyriens, les Perses ou les Macédoniens.
2. Ce sont les dimensions des grandes galeries employées par César. Ces galeries ont été découvertes a Puyd'Issolu, par M. J.-B. Cessac.
3. Polybe, Siège de Paice par Philippe, 1. V, § 2 ; id., de Thébcs, 1. V, § 20 ; id., de Prinasse. 1. XVI, !; 4.