‹ L'Acropole de SuseChapitre 103 sur 171 · CONTRE-MINES · texte numérisé non relu

CONTRE-MINES

I4fi LACIJOI'OLE bE SUSE.

au-dessus de la fausse-braie, fussent de véritables écoutes rattachées à un dispositif permanent de contre-mine dirigé contre les attaques superficielles. Assez étroites et assez élevées pour ne pas compromettre la solidité de l'avant-mur, elles étaient néanmoins assez rapprochées du parement extérieur pour permettre aux défenseurs de déjouer les tentatives de l'ennemi contre la première enceinte.

Quand les travaux d'approche étaient superficiels, et que la galerie de mine s'ouvrait au pied du rempart, on pouvait parfois se dispenser de recourir aux défenses souterraines. Les assiégés faisaient descendre le long de la courtine des pots de résine en combustion et tentaient d'asphyxier les soldats engagés dans l'excavation. Ils y réussissaient, paraît-il.

Un épisode du siège de la citadelle de Beaucaire ne serait pas désavoué par les anciens Asiatiques.

(< El les assiégeants se logèrent dans la roche qui espéraient fendre la muraille avec leurs pics aiguisés. Et ceux du Gapitole, quand ils eurent apcicu les mineurs, cousent, dans un drap, du feu, du soufre, des étoupes, et au 'moyen d'une chaîne descendent ce mélange le long du mur. Et quand le feu prend et que le soufre se fond, l'odeur et la flamme suifoquent à tel point les mineurs que pas un d'eux ne peut demeurer ni ne demeui'e dans la galerie '. »

D'ailleurs, quand les assiégeants étaient réduits, par la nature du sol ou l'industrie des défenseurs, à saper directement le pied de la muraille, ils couraient très souvent au-devant d'un échec.

La sape ditlère de la mine en ce qu'elle s'applique à des travaux superficiels* : creusement des tranchées, démolition des murs, élargissement et règlement des brèches (fig. 65, 69, 90, 93) \ Les anciens sapeurs se servaient, comme les troupes modernes, de pioches, de pics et de leviers.

Les Grecs défendaient leurs mineurs et leurs sapeurs au moyen d'ajjris mobiles (opuyE:)'* — du type général des tortues (//y.wvat) — ou de tranchées blindées (àa-EAc/f/iiv/i) faites en charpentes et clayonnage avec double toit de claies et de madriers.

1. Histoire de la civisade conlir les Alhiueois, ilcu'iimcnls iiiodiN :siir lliisliiiro de France, 1'^' >t'iu-, vers 4484 et suiv.

2. Les anciens faisaient un grand usage des ouvrages désignés de nos jours sous le nom de parallèles, et, comme nous, ils les établissaient [larallèlement à Vouvrage attaqué, afin de défiler les soldais et les ouvriers, des projectiles de l'ennemi. Polybe {Siège de Tarente, 1. VIII, !• 12) s'exprime ainsi : <. D'abord Annibal commença par conduire un retranchement parallèle à la muraille et au fossé de la forteresse ». Plus loin iS'/éyc d'Eçiinr, 1. IX, S io), il ajoute : « IVun bélier à l'aulre, vis-à-vis la courtine, Philippe construisit une galerie parallèle a la muraille ».

Il élait indispensable, par exemple, de tracer des parallèles au liane des escarpinieuls ipii soiilenaieTil les forteresses jiour préserver les soldats des projectiles lourds abandonnés du haut des remparts (Héron, !; 1, 4. Philon, 1. IV, §42). Mais les parallèles ne pouvaient être tracées sur le chemin suivi |iar les béliers et les hélépolcs. Elles eussent rendu encore plus difficile la manœuvre de ces lourds engins.

3. Polybe. ■< On aplanit ensuite la brèche |iiiur mouler à l'assaul. •> Siêue de Tliebcs, 1. V, i; 20.

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