‹ L'Acropole de SuseChapitre 112 sur 171 · IG · texte numérisé non relu

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avantage. Outre les traits et les pierres, dont la portc-e et la pénétration augmentaient en raison de la hauteur des remparts, les projectiles lourds, tels que les poutres, les quartiers de roc, les briques elles-mêmes, acquéraient par le seul fait de leur chute une force vive qui les rendait d'autant plus redoutables aux machines de siège que les assaillants ne pouvaient riposter.

Les torches enflammées, le bitume bouillant, les métaux fondus faisaient

également partie de l'arsenal exclusif de la défense. La précaution prise par les

assaillants d'habiller les beffrois avec des tissus peu combustibles et de les

arroser prouve combien les projectiles ignés ou brûlants étaient à redouter.

Je me résume.

La sape et le bélier n'impressionnaient guère les murs de terre très épais. La

mine, quoique redoutable, ne produisait pas grand effet dans les mêmes conditions, quelle que fût d'ailleurs l'étendue de l'excavation souterraine, car l'effondrement du mur causait d'autant moins de ravage que le rempart était plus massif et plus haut.

Une longue pratique avait fait reconnaître que pour être maniables les échelles ne devaient pas excéder 30 pieds grecs. Tout mur dépassant 0 mètres était donc à l'abri d'une surprise par escalade (p. 130, note 1, et p. 159, note 3).

Les tours de charpente, longues à construire, lentes à manœuvrer, avaient des dimensions bien autrement considérables que les échelles; mais, outre que les Asiatiques ne suriMit jamais construire des tours comparables aux hélépoles de l'époque alexandrine, une simple surélévation des murailles et des tours eût suffi pour garantir l'enceinte.

Restait Vagger, ce terrassement que l'assaillant dirigeait à travers le fossé et la fausse-braie contre les saillants de la ville assiégée. Travail séculaire quand les fossés étaient larges, profonds, remplis d'eau courante et les murs très élevés, mais néanmoins d'une réussite fatale si l'armée assaillante était assez persistante et assez courageuse pour sacrifier sans compter les hommes et le temps.

Comprend-on maintenant pourquoi les places fortes restées célèbres opposèrent une si longue résistance?

Les attaques de vive force, puis les attaques régulières avaient-elles échoué devant une forteresse, l'assaillant se voyait contraint de laisser pourrir un matériel de siège désormais sans emploi et de recourir à la trahison, à la ruse et, comme suprême ressource, au blocus.

KIG. 70. —ESCALADE, (laïard Moii.umeiits.)

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Mais les doux lignes de contrevallation et de circonvallation laissaient toujours entre la place et l'assaillant un anneau considérable, le plus souvent mis en culture par les défenseurs. Les sièges célèbres de Sidon (688), de Samarie (G80), de Véies (393), de Lylibée (232) et de Hatra (212) montrent que les blocus pouvaient se prolonger de longues années et se terminer souvent par un échec.

En vérité, les places savamment fortifiées, défendues par un chef énergique et une garnison courageuse ne succombèrent jamais qu'à la ruse ou à la trahison. L'invention ou le perfectionnement de l'artillerie modifièrent profondément leur situation : Tyr, Carthage, Syracuse furent emportées d'assaut après un siège régulier. Les échecs multiples des ingénieurs occidentaux devant Suse et devant Hatra ' semblent pourtant indiquer que les forteresses de terre de l'école asiatique eussent bravé les lithoboles et les hélépoles grecs avec autant de succès que les machines des Assyriens.

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