‹ L'Acropole de SuseChapitre 154 sur 171 · Hérod., l. c · texte numérisé non relu

Hérod., l. c

1° Plus le donjon était saillant et étroit, mieux il répondait à sa seconde destination ; son épaisseur minimum avait pourtant comme limite la somme des dimensions transversales des trois enceintes.

2° La poterne sud-est du donjon (pi. II) devait être sauvegardée entre toutes; il fallait que l'ennemi ne pût ni la forcer ni l'investir, puisque de la liberté de cette baie dépendait la sécurité des habitants du réduit. On ouvrit donc la porte au fond d'une immense tenaille (fig. 123) et on en protégea les abords par une accumulation de redans et de tours à décourager les plus audacieux. Le prolongement du même front défendait, concurremment avec la citadelle, la grande porte de la place d'armes.

3° Exagère-t-on l'ouverture de l'angle formé par la direction générale des faces du donjon, on épaissit trop la gorge; la ferme-t-on, on donne aux flancs des crémaillères des dimensions trop réduites.

A" L'avant-mur oriental du réduit avait été étudié d'après les mêmes principes. Le tracé à crémaillère impliquait la décomposition du front en larges saillants et tenailles; mais la surveillance de la fausse-braie par les vigies de la grande porte de l'est (fig. 126)' était d'autant plus efficace qu'elle s'exerçait plus lointaine. Aussi bien les ingénieurs avaient-ils aplati la face orientale du donjon, qui ne réclamait pas un surcroît d'ouvrages flanquants, et avaient-ils placé l'escalier et ses défenses dans la capitale d'un saillant décomposé lui-même en crémaillères (fig. 126).

Tours de guet. — Tandis que les sentinelles réparties sur l'enceinte épiaient la fausse-braie et le fossé, des guetteurs spéciaux fouillaient sans cesse la ville et la campagne. La nature des matériaux excluant les hauts befi'rois des fortifications de pierre, la forme à degrés s'imposait. On avait donc réservé, dans chaque ville forte, des emplacements suffisamment larges, suffisamment stables pour y construire une ou plusieurs tours à degTés qui dominaient la forteresse et les abords de la place.

Et de fait, les bas-reliefs représentent souvent des pyramides très nettement rattachées à la fortification (fig. 94 et 121), dont la triple afl'ectation religieuse, astronomique et poliorcétique ne peut être contestée. L'étude des ruines a décelé une de ces tours à l'angle nord de la citadelle, et une seconde beaucoup plus basse sans doute à l'angle nord-ouest de l'apadàna. Enfin les fouilles de la porte centrale du front oriental et du donjon ont montré qu'il existait en ces points deux pavillons hypostyles de l'époque achéménide qui offraient aux vigies placées sur les terrasses d'excellents postes d'observation'.

Portes et poternes. — Le plan de la forteresse de Goudéa (fig. 83 et 139), les

1. Voir p. 23o. Cette disposition si spéciale des abords de la grande porte se retrouve ju-que chez les Byzantins, ainsi qu'en témoigne le dispositif de la porte représentée en plan lig. 97.

2. Il sera parlé avec plus de détails du dernier de ces pavillons, p. 210.

Page 1