‹ L'Acropole de SuseChapitre 155 sur 171 · GRANDE PORTE ORIENTALE · texte numérisé non relu

GRANDE PORTE ORIENTALE

fouilles du palais de Sargon (fig. 85, 88, 89), le palais de Médinet-Abou (fig. 80 et 81), fournissent des détails précis sur la disposition des portes clialdéo-assyriennes.

Comprise entre deux, souvent même quatre tours flanquantes, la baie est généralement couverte par un châtelet ou un retranchement et suivie de pièces intérieures disposées pour la défense pied à pied. Les fouilles de Suse ne révèlent pas des dispositions très nouvelles, néanmoins elles sont du plus haut intérêt, parce qu'elles permettent de reconstituer, outre les dispositions générales des principales portes et des portes secondaires, tous les détails de l'entrée orientale de la forteresse : l'escalier, les baies des trois enceintes, les vantaux, leur suspension et leur blindage.

Comme dans les ouvrages déjà décrits, on se meut au milieu de ces chicanes, de ces précautions minutieuses dirigées contre la ruse, la surprise et la trahison. Le principe de la division domine toujours les dispositifs des accès. Le pont fixe de l'Acropole, ainsi qu'on le verra, ne correspond pas aux portes de l'avant-mur; les portes, aux escaliers; les escaliers, aux portes particulières des enceintes ou réciproquement. Il ne m'a pas été possible de reconstituer dans chaque cas pax'ticulier la série des obstacles opposés à l'assaillant; on jugera sur quelques exemples de la valeur de la méthode.

Aucune baie ne s'ouvrait devant le visiteur qui avait franchi le châtelet et le pont qui lui faisait suite (pi. II). L'une était située à l'est, dans la capitale du saillant central (fig. 126); une seconde, réservée au donjon, se devine au fond de la tenaille sud-est; une troisième s'ouvre au pied de la citadelle dans une situation fort analogue à celle qui est représentée sur un bas-relief assyrien (fig. 100); les autres, sur les faces ouest et nord de l'apadâna.

Avant de franchir le seuil de l'une de ces entrées on devait suivre tous les méandres des remparts et s'exposer sans défense aux projectiles de l'avant-mur. Les guetteurs du donjon, de la citadelle ou du grand saillant du front oriental signalaient aux gardiens des portes les personnes qui s'engageaient sur le pont et, en cas de péril, appelaient la garnison sur les remparts et faisaient fermer les huisseries. Imaginons cependant qu'un parti ennemi ait surpris le pont et que, tournant à gauche, il se soit engagé sur la fausse-braie. S'il passe inaperçu, il atteint la poterne du réduit, poterne dont je ne connais pas les dispositions de détail, mais qui devait être infranchissable. Il poursuit donc sa route et atteint le pied de la citadelle.

Là s'ouvrait la porte d'honneur dans l'axe du grand escalier de l'apadâna. Cette porte, qui mettait en communication la fausse-braie avec la place d'armes, la salle du trône et la demeure particulière du souverain, était réservée aux officiers du palais, aux députations, aux ambassades. Elle devait être large, d'un

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