Sud., |i. l.'iO. et Pliildii, 1. IV, S
246 L'ACROPOLE DE SLSE.
Après l'achèvement des doubles lignes, les assiégeants renforçaient l'armée d'investissement, installaient le parc (fig. 133 et 134)', reconnaissaient la place et commençaient enfin les opérations du siège, qu'allaient interrompre sans cesse les sorties de la garnison. Batailles terribles où se mesuraient les vaillants et les héros de chaque camp.
Le point d'attaque était difficile à déterminer, l'ne place comme le Memnonium ne présentait pas do lacunes.
Quelques parties de la forteresse se distinguaient des enceintes par un surcroît de force, aucune par leur faiblesse.
Il eût été inhabile de commencer le siège par l'occupation d'un quartier inerte comme la plate-forme de l'apadàna , inutile de diriger les attaques contre la citadelle, le donjon ou la porte orientale ; la clef de la position devait être cherchée sur le front est, entre le donjon et la demi-redoute centrale. L'occupation de la grande tenaille dessinée en ce point par le tracé exigeait sans doute un elfort considérable, mais faisait tomber les palais entre les mains du vainqueur et laissait présager la chute prochaine du réduit.
Quant à la citadelle, on ne pouvait espérer la conquérir qu'après avoir démoralisé les défenseurs par des attaques heureuses dirigées contre le corps de place et de nombreux succès en rase campagne.
L'assaillant était donc condamné au comblement du fossé. Dès l'ouverture des travaux, les archers et les frondeurs de la place dirigeaient contre les ouvriers une grêle de projectiles, projectiles d'autant plus dangereux qu'ils étaient lancés de plus haut, d'autant plus dru que les trois enceintes prenaient part au combat, que les traits des assaillants n'atteignaient pas les tireurs de la place ou se heurtaient sans force contre les merlons et les mâchicoulis.
La chaussée devait atteindre 50 pieds de largeur, 300 pieds de longueur et au moins 60 de profondeur (p. 204); les talus se réglaient sous l'eau à 2 ou 3 de base pour 1 de hauteur; c'était donc un terrassement de 120 000 à 150000 mètres cubes que les troupes de corvée allaient exécuter sous les flèches et les pierres de la garnison. Comme outils, les ouvriers avaient de mauvaises pioches, des pelles et des paniers de sparterie (fig. 67) ; comme ai'mes défensives, des pavois, des claies d'osier et des tortues (p. 147 et 159).
Le chiffre qui représente le culx' du remblai est un minimum théorique, car les assiégés, soutenus par les projectiles de la place, régalaient les terres si péniblement amoncelées au fond du fossé et détruisaient en ({uelques heures le travail de plusieurs jours.