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La soudure du remblai avec la fausse-braie présentait des difficultés spéciales. Elle s'opérait à courte distance des remparts et à la merci des projectiles partis du parapet de l'escarpe.
Néanmoins le comblement du fossé était une opération dont l'issue dépendait de la seule énergie de l'armée d'investissement. Quand l'assiégeant était bien
FIG. 134. — DÉFENSE DES C4MPS iCKITISH MUSEUM).
résolu à ne tenir compte ni des hommes tués ni du temps perdu, il atteignait toujours la fausse-braie.
Le fossé est comblé. Il s'agit alors de régler la chaussée à 3 ou i pieds audessus des hautes eaux, de la paver (fig. 33, 35, 59, 66, 82)' et de faire avancer les machines. Quand on atteignait la fausse-braie, la charpente du bélier s'engageait souvent dans des excavations, ou s'embourbait dans des cloaques préparés sur sa route (p. 18'.), note 1); parfois une sortie de la garnison, protégée par les nombreux redans de l'enceinte et les huit étages de hourds et de mâchicoulis, surprenait
1. Philon, I. lU, :>9, et I. IV, § 13. Les Assyriens pavaient les chemins que devaient suivre les béliers : les basreliefs précités en sont fiarants. En agissant ainsi ils facilitaient le traînage de ces lourds engins et rendaient moins efficaces les tentatives de la garnison pour noyer le sol devant les machines.
248 LACHOPOLK DE SISE.
les défenseurs des machines, cullnitait les engins et les incendiait (p. lo3U Les assiégeants faisaient précéder leurs héliers d'excellents archers ou frondeurs. Chaque tireur, dissimulé derrière un bouclier ou un pavois porté par un second soldat, s'efforçait, à Tajjri de ce retranchement mobile, de voir les ennemis et de paralyser la défense. Au momeni de l'assaut, les projectiles des approches s'envo-
IRCIIEB. — LE POICE PROTÉGÉ PAB IN DOIGT DE CtIR RATTACHÉ » LA SAIGNÉE VI BRAS.
laient si nombreux que les soldats étaient forcés de protéger le pouce contre lequel glissait la flèche par un doigt de cuir rattaché à la saignée du bras (p. 1 17 et fig. 135). La tâche des tireurs, toujours laborieuse, devenait encore plus ardue dans le voisinage des remparts. Forcés de se garantir des coups d'enlilade lancés sous des directions convergentes, ils devaient multiplier autour d'eux les abris mobiles sans recourir aux levées de terre, car la manœuvre de machines aussi lourdes
ATTAQl E DES TOURS.
et aussi peu maniables que les béliers interdisait, dans le voisinage immédiat des chemins à parcourir, l'exécution de parallèles terrassées, qui eussent bosselé le sol.
Dès que le bélier était en batterie devant une tour, les efforts de la garnison se concentraient sur cet engin, et, tandis que les assiégeants ruinaient les saillants des tours et des crémaillères, les troupes assiégées essayaient d'incendier le beffroi, de briser la poutre' ou de paralyser ses mouvements en saisissant le chapeau dans le nœud coulant d'une chaîne de fer (p. 153, note 1, et fig. 39). Souvent encore, ils installaient un contre-bélier derrière le mur attaqué, pratiquaient une embrasure, démasquaient l'engin et s'efforçaient de briser le beilVoi de l'attaque*.
Le beffroi était souvent terminé par une hélépole (fig. 65) où prenaient place les archers opposés aux défenseurs des enceintes et les soldats chargés d'entretenir, au moyen d'aspersions incessantes, l'humidité des revêtements (fig. 66). C'était de la vigilance du poste que dépendait le salut (p. 136, note 1 ).
Trois, quatre bt'liers battaient simultanément la même lour (fig. 70 et 82); les uns, armés d'une pointe, creusaient des excavations ou désagrégeaient les matériaux ébranlés; les autres, coiffés d'un chapeau plat (p. 151), préparaient ou achevaient l'œuvre des premiers.
Les assiégeants attaquaient le plus souvent deux tours consécutives^ (fig. 82). Ils avaient ainsi pour but de mener plus rapidement les opérations et de condamner la garnison de chaque saillant à se renfermer dans un rôle défensif sans lui laisser le loisir de porter secours aux infortunes voisines. Le bélier aurait produit peu d'effet sur les tours de Suse. Leur faible saillie, leur énorme épaisseur, le peu d'élasticité de la terre crue amortissaient les chocs. Admettons néanmoins que les efforts des assaillants ont été couronnés de succès.
L3S ouvrages flanquants ruinés par le bélier, balayés par les projectiles des soldats postés sur les hélépoles, sont abandonnés de leurs défenseurs.
•Quand l'enceinte (Hait isolée, les officiers brusquaient l'assaut en jetant direc-
r. ETBAiNCHEMEN'l IINTÉRIEIIB DE PHILADELPHIE.