‹ L'Acropole de SuseChapitre 21 sur 171 · NEGRITOS · texte numérisé non relu

NEGRITOS

M. d'EcUstein rattachait les fils de Kouch dont la Bible tait mention et les vils Kouchites des inscriptions hit'roglyphiques.

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no. 21. — IlOl ASSYUIE\ (I, ouvre).

Cette hypothèse hardie, accueillie avec une extrême défaveur quand elle se l'oduisit la première l'ois, est conlirnièe dans ses |)rèniisses, puiscjue rethnogra|)hie

.{2 L'ACROPOLE l»E SUSL.

l'I rarehéologie sont d'accord pour relever des traces de >'égritos depuis les Indes jusqu'en Susiane. Mais à partir des rives du Karoun on ne retrouve ]dus aucun indice qui permette de suivre les |)etits noirs dans leurs migrations vt-rs l'Occi- (leiit. Avant de ratta(dier la race noire de la Susiane au type koucliite égyptien. il faudrait admettre que les Négritos, après avoir donnr leur nom aux ennemis séculaires des pharaons, furent chassés ou absorbés par les grands nègres qui détiennent encore le pays de Kouch. Les petits nègres signalés par Hérodote' au delà des Automoles, désignés i)ar Strabon sous le nom d'Acridophages*, et visités pai' les voyageurs modernes dans l'Afrique centrale, seraient-ils les descendants fie iNégritos apparentés aux Susiens? Ce sont là des problèmes encore insoluldes.

Pour le moment je ne retiendrai que deux faits :

1° La capitale de la monarchie susienne était sans doute la ville la plus ancienne de la l'égion du Tigre et du Karoun, car seule elle émergeait des alluvions blanches répandues sur tous les pays limitrophes, semblable à ces soulèvements géologi- (pies que n'ont pas recouverts les étages plus récents et qui montrent à fl<'ur de sol li'ur antiquité relative.

2° La plaine de Suse, comme l'Inde, l'Indo-Chine, les îles de la Sonde, était habitée par des Négritos et non par les grands noirs de la côte d'Afrique.

En poursuivant cette enquête rétrospective sur les races de l'ancienne Perse, j'atteindrai même aux aïeux des Tadjiks et des Adjémis sous-brachycéphales et des BaUhtyaris et des Chahsvends brachycéphales.

Les renseignements si intéressants foui'nis par Hérodote et Strabon^ sur les

). Heiod., I. H. i; 32.

■2. Slrab.,1. XVI, ^4; 12.

3. Voir p. 18, 10 et notes. J'ajoulrrai que si HrrodoU' laisse enlrevoii- Jaiis les liilms iiirdos iioii\ uioiipes <îlliiiiques très distincls : les Aryzantès et les Paiœtacènes, ceux-là -aryens, ceux-ci Scythes, le môme liisloiieii liivise les Perses en tribus nobles de sang aiycn, en tribus agricoles et en tribus nomades de race scytlie. Ce dernier l'ail est certain, puisque au nombre des quatre clans nomades se trouvent les .Mardes, dont l'identilicalion anthropologique est nidiscutable, et lesSagarles, campés dans le voisinage du golfe PcrsiquefHérod., III, i; 93). l'.i's Sagartes, compris dans le même groupe financier que les Saranges (llérod., Kl, S; 93), dont cerlaines tiibus liabitaient le Ghilan (Hérod., VII, S 67), et que les Paricaniens. les L'ties et les Myces, ([ui avaient gardé, (iuui(iue (ixés dans le sud, les armes, le costume et quelques usages des clans seythes septentrionaux (Hérod., VII, S 07 et 68), avaient appris la langue perse (Hérod., VII, § 85). J'insists sur ce mot appris employé à dessein par Hérodote, parce qu'il tend à prouver : d"abor<l qu'aucune des quatre U-ibus nomades ne savait originairemenl le perse, et ensuite que l'absorption des Irilnis scylhes campées au sud du Fars par les Perses aryens était très avancée dès le vi" siècle avant Jésus-Clirisl.

Ces tribus du sud étaient, comme les Adjémis, les Tadjilcs et les Kirmaiiis, des tribus mixtes devenues sousbrachycépUales au contact des vainqueurs. Strabon (1. XV, g 2; 14), après Hérodote, nous apprend que les Carrnaniens avaient tendance à se fusionner avec les Perses, dont ils apprenaient la langue et portaient le costume.

In second fait non moins essentiel à constater ressort de l'étude des auteurs grecs : les montagnards du noid-ouest du Fars, tels que les .Mardiens, avaient conservé le type scylhe (Sirab., 1. XI, i; 6; 2, .î 7; 1, !; 9; 2, S 13; 3 et G) et probablement la langue des tribus caspiennes, puisque, des quatre clans nomades perses, les Salaries seuls parlaient un dialecte perse (Hérod., VU, g 8o).

Les Mardiens ilc la Pàrsa, signalés d'abord par Hérodote cl plus t:ird par Strabon, auraient donc ele nii'-li-s au royaume aryen d'une façon moins intime ou plus tardive rpie les bracliyci'pliales du sud.

.Vujourd'lmi tous les habitant s du Fars, du Kirinanet de l'.\djem parlent un persan plus ou moins correct, portent le même costume, obéissent aux mêmes luis. .Mais l'envclopiie est trompeuse ; sous le liiihth et Vabha, les S(|ueleltcs I rail issent les croisements mongnls-aryens d'où sont néslessous-b:'achycé]iliales ilii eeiilri', du mud-est et du sud-est.

PERSISTANCE DES GUOLFES ETlIiNOGRAPHIOUES.

Mèdes, les Perses ot les habitants du Kirman indiquent on efl'et que depuis bien des siècles des métis de brachycéphales et de dolichocéphales identiques aux Tadjiks et aux Adjémis sont maîtres des zones septentrionale, centrale et méridionale de l'Iran.

D'autx'e part, la découverte dans les nécropoles du Memnonium de squelettes de Négritos et de véritables Bakhtyaris, inhumés dès le i" siècle avant Jésus- Christ dans des urnes identiques et dans les mêmes caveaux, fait pressentir l'antiquité de la conquête des monts Zagros par des blancs très brachycéphales.

Quels étaient ces blancs? Les Para^tacènes, les Daais, les (^-osséens, les Mardiens

HG. 2S. — l:»S-RELlf.K tT I ^ SCII 1 PT I II .\ l;Ul'ESTIlliS 1)1'. MAl.lMIR.

et les Uxiens, ces Méfanastes dont Vorigine scytlie, les mœurs sauvages et la situation géographique ont été si bien décrites par Strabon', les historiens d'Alexandre" et avant eux par Hérodote \ Les membres de ces grandi'S tribus partie sédentaires, partie nomades, dans lesquelles on reconnaît des clans de sang scythique ou mongol, sont les aïeux des Chahsvends, des Illiats et des Bakhtyaris (fig. 20)*. Malgré la rareté et l'indigence des documents, j'ai pu atteindre jusqu'à l'époque

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