Esdras, IV
IDENTIFICATION DE L'ANZAN-SOUSOUNKA.
noms susiens di's provinces frontières qui correspondent respectivement ù la Cossée, à l'Élymaïde, à l'Amardie et à l'Uxie des historiens classiques; à l'Ardilan méridional, au Loristan oriental, aux monts Bakhtyaris et au Fars occidental et méridional des géographes modernes, régions peuplées depuis une haute antiquité par ces brachycéphales connus des anciens sous le nom de Scythes et des modernes sous celui de Mongols ou de Turcomans. Je n<» prévois pas d'objection à ce classement des marches montagneuses; il résulte trop clairement dr la simple comparaison des textes et des cartes.
Je puis aborder désormais l'explication du nom <( Anzan-Sousounka » donné par les scribes susiens au patrimoine de leurs rois.
Je rappellerai d'abord que l'iMitier royaume était divisé, aux points de vue géo-
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IIG. 31. — UteiLÈ DE LAKMÉË !>U»IEMNE. (Voir p. 44.)
graphique et ethnographique, en deux parties bien tranchées : la plaine, occupée par les noirs ; la montagne, dévolue aux blancs. Esdras, ai-je dit, cite, à la suite l'un de l'autre, mais comme des peuples différents, les Élamites habitants des terres hautes et les Susanéchéens ; Slrabon et les historiens d'Alexandre distinguent d'une part la Suside, pays de plaine, et d'autre part la Cossée, la Paraetacène, la Mardie, l'Élymaïde et l'Uxie, toutes régions montagneuses.
Le titre de roi d'Anzan-Sousounka donné au maître du Memnonium, sur les briques de Suse, implique lui-même une double couronne.
Aux preuves déjà tirées de l'fHude du pays et des races, j'en ajouterai d'autres d'un caractère plus spécialement archéologique.
Les Susiens, reconnaissables sur les bas-reliefs antiques à leur type négroïde (fig. 2o, .'}1, 32, 36, 37 et 38) et aux nombreuses légendes gravées au-dessous des tableaux assyriens, portent barbe et cheveux courts, se coiffent d'un diaclénic,
4i L'ACIiOI'OLE KK SIJSE.
.liiisi iTMilli-urs que les archers noirs de Dnriiis. s"lial)ill('nt (riinc hlousc serrée ;i 1m lîiillc |)Hi- iin(> ceinture, et vont nu-pieds.
Ij's niontaf^nards de Malamir représentés sur les hîis-relicfs rupestres de (Ïliékial't-Salinon (fig. 2H et 21)) sont vêtus à la mode de Suse '. On retrouve la même similitude de costume entre les rois de Suse (fig. .iA) et de Malamii' (fif^. 'M)), niciis taudis que les Susiens de Suse ont les cheveux courts, les montai^UMcds de Malamir portent de loni;ues l)oucles, d'un caractère très ptirliculiei'.
Or il existe (hmx htis-reliet's (fig. .H I et '.i2] où sont représentés les divers contiiii^cnls fie l'armée des rois de Suse "".
En tète du premier i^lig. '.i\] marchent les négroïdes, en seconde ligne s'avancent des lif)mnn's au type élégaid, à la taille |)lus haute, vêtus comme les soldats noirs, e| cdill'és, comme les troupes (h' Malamir, de longues l)otu'les de (du'veux. Knfin, an troisième rang, des hommes encore plus grands, plus forts, coilVés à l'assyrienne et cliaussés de hautes guêti'es. .le reconnais dans les premiers les Susiens de la |daine, dans les soldats coitl'és avec des hoiicles les Susiens de la montagne de Malamir, et dans les troisièmes les Aryens du Manna ou du Parsouach, toujours alliés ou vassaux des rois susiens '. Sui' le deuxiènu' has-relief" (tig. M] le contingent parsoiuich, caractérisé par sa coill'ure, ses chaussui'es et la liante taille des soldats, occup<' le r<'gislre supérieur: le char du nmnarque susien et l'escorte noire, le registre intV'i'ienr. De nos jours, si l'on voulait représenter sur un tahlcMu de hataille des réginuMits diziViulis, hakhtyaris et loris, on adopterait exacteiiu'Ml la niênu' gi-adalion de tailles et de types.
.rajouterai (ju'il existe an in)rd des tumulus. des inscriptions et des sculptm-es rupestres de Chékialt-Saluion situés dans les montagnes de Malamir. an c(eui- de l'ancienne Ha|)arlip (Amardie de Strahon), les vestiges d'une seconde ville, connue dans la région sons le nom de Sousan, et ipu' les trois sites de Suse dans la plaine, de Malamir et de Sousan dans la nujiitagne, soid les seuls de la conirée (pii di-cèleid les traces de grandes capitales.
Li's (irecs eux-mêmes send)lerd avoir connu les deux l'Hces snsiemu's. Leni's vieux poêles ne (hunu'nl-ils pas poiu' ascendants directs an Siisien Menneui, an légendaire hêrds qui péi'it sous les nuirs de Ti'oie, un nègre — Tilhon — e| une montagnarde hlamlie — Kissia '? Ne l'onl-ils pas conunandei- à Meumon une armée composée de régiments noii-s et de réginn-nts hiancs ?
1. .If recoMiiiiaiicIr siiiliuil la i-oiiipaiaisuii des nuisiciciis unzaiiilus (lif;. 2cS et 20) vl des nuislcieiis Misii'usiii'Krilos (lig. 38). Sauf la ('iiilîme, même attitude, même costume, mêmes instruments.
■2. I.é premier bas-relief Sf Irouve .i uaurlu' en l'iitraiil dans la salle assviii-iiiii' du l.omre. Le seemid pro- \ienl ihi Hiilisli Museiini.
;!. Slip., p. 23.